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Shibuya

2003, projection au sol dvd couleur sonore

shibuya 2
Est-il possible aujourd’hui encore de filmer un lieu archi-connu ?

L’un des passage obligé d’une foule de gens à Tokyo, lieux de transit par excellence. On sort de la gare, on prend le métro. Espace de consommation et de déambulation, espèce d’espace ou l’image de soi est renvoyé aux flux des images.
Nous sommes en mai 2003, à l’occasion d’un séjour au Japon. Ce jour là- je montre à Matthias Müller un endroit à partir duquel il est possible de filmer ce carrefour de Shibuya. Nous allons au dixième étage d’un grand magasin, sur une terrasse aménagée avec un mini -terrain de foot. En cette fin d’après-midi, des adolescents jouent, dans notre dos alors que nous nous décidons à filmer. En se perchant sur une rambarde métallique, il est possible d’apercevoir le carrefour en bas afin de le filmer acrobatiquement.
Ce qui attire le regard ici n’est pas tant le nombre de personnes qui attendent avant de traverser le carrefour dans tous sens que les images qui s’étagent dans l’espace de ce carrefour, démultipliant les lignes de fuite, les aplats, les pauses et les tensions.
Il s’agit d’une suite de plans légèrement trafiqués qui favorise l’errance du regard.
Repérer et suivre dans cet ensemble mouvant, privilégier du regard une trajectoire.
Casser la continuité par l’étirement et la rupture.
Une dérive de l’œil.

La projection au sol permet de redonner à cette image trafiquée la dynamique de sa captation.
shibuya à metz

Installation pendant l’exposition Vues d’ici au Centre d’art contemporain Faux Mouvement Metz 2005

Présentation à Rés do Chão Décembre 2005 Rio de Janeiro

DSCN6634

Installation dans le cadre de l’exposition Le mouvement des images, Centre Georges Pompidou, avril 2006 janvier 2007
Collection Musée Nationale d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou.

 

projection on the floor miniDv, loop, 13min, sound 2003

A video loop beamed on the floor with sound

Shot from the top of a shopping building looking over Tokyo’s Shibuya square. This main subway and train station is also a place where the young japonese meet.
The film was shot one night in may 2003.

Installed for the exhibition Vues d’Ici, Centre d’art contemporain faux mouvement, Metz 2005
Shown at Rés do Chão in December 2004, Rio de Janeiro


Installed during the exhibition Le Mouvement des Images, Centre Georges Pompidou, April 200January 2007
Collection Musée Nationale d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou.

According to…

Installation / Performance 1979-80 Partition papier qui est à la fois le film à jouer en 16mm et la partition à partir de laquelle Martin Davorine Jagodic a composer la pièce

Paper Frozen Film Frame,  score for a 16mm projection  and score for music piece by Martin Davorine Jagodic

Avec According to… je donnais à Martin Davorin Jagodic la partition du film. L’image précédait le son. Cette partition, cet objet était le frozen frame du film même : contact d’un ruban de papier perforé d’articles écrits pour un journal.
Sur le film, le ruban est perforé de deux manières. La première : les petites perforations qui instaurent la continuité ; la seconde : de grosses perforations qui apparaissent et disparaissent de manière anarchique à l’écran : série de l’aléatoire, de la discontinuité. A partir de cette partition Martin Davorin Jagodic a conçu une bande-son qui en se limitant au résidu d’un accord inversé d’un mouvement d’une symphonie de Malher (la Quatrième) permettait un jeu de variation constant qui ne répétait ni n’illustrait les variations de l’image.

« Toute relation entre image et son est arbitraire. A l’opposé d’une trame narrative de l’image qui cherche à accréditer la thèse d’une identification possible entre les deux objets, une image qui ne représente, montre la différence objective entre le son et l’image. Maintenant leurs relations ne peuvent qu’être formelles. Dans According to… de yann beauvais c’est le même matériau qui est à la base aussi bien du film que de la musique. Plus précisément pour la musique, ce n’est pas le déroulement, l’enchaînement des bandes de papier perforé tel qu’il est réalisé cinématographiquement, mais c’est la partition même (superposition de ces mêmes bandes) qui conditionne la formulation musicale. Actuellement ce travail n’est pas terminé; il s’agit plutôt, d’une maquette qui fait entendre plusieurs types de matériaux utilisés et d’une des solutions possible de leur mise en forme. Dans la version définitive le nombre de superposition de ces éléments doit correspondre à la globalité de partition de l’image. Mais c’est une globalité qui n’est plus organisée spatialement dans un cadre; en même temps que toute verticalité, par séquence, peut se produire, interviennent des déplacements horizontaux correspondant aux bandes de papier perforé comme si celles-ci se déplaçaient de gauche à droite, hors du cadre de la partition. Les « indicatifs » sont composés pour bande(s) magnétique(s), pour un nombre indéfini de clavier (acoustique et électronique); la pièce peut être aussi exécutée en direct par plusieurs musiciens avec ou sans bande(s) magnétique(s). »

Martin Davorin Jagodic, notes de programme, jan 81

With According to, I gave to Marin Davorin Jagodic the film as a score. In this project, image was before music. This score as a frozen film frame of the film itself was done as a contact sheet (rayogramm) of some of the articles I wrote at that time for Gaipied and some others newspapers. The film, the strip, was perforated along two different ways: one with small holes was setting up continuity while the bigger ones were dealing with chance, discontinuity. From this score, Martin Davorin Jagodic created a sound track using the residue of a chord from a movement of a Malher’s 4th Symphony. From this inverted chord, he was able to produce a set of variations that were not duplicating or illustrating of the image variations.