{"id":1021,"date":"2014-11-09T14:53:59","date_gmt":"2014-11-09T13:53:59","guid":{"rendered":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=1021"},"modified":"2015-01-29T21:41:02","modified_gmt":"2015-01-29T20:41:02","slug":"autour-du-mot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=1021","title":{"rendered":"Autour du mot (Fr)"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #000000;\">in \u00a0<i>Spirit # 23 <\/i>, Octobre, Bordeaux 2006<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Du mot, de l\u2019image du mot<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">La vitesse du mot, suspension de la parole\u00a0: l\u2019image\u00a0; instable. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Passage, d\u00e9filement des phrases, dans toutes les directions. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Il est question de vacillement, de vertige plus que d\u2019effondrement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">L\u2019\u00e9tourdissement qui nous saisit est en cela proche du travail de capture des images lors d\u2019un d\u00e9placement quelconque et pour lequel il s\u2019agit d\u2019attraper au vol, plus que de rendre compte d\u2019une r\u00e9alit\u00e9. On esquisse un passage, on d\u00e9voile furtivement un paysage, une architecture, une ambiance, ce n\u2019est pas tant la reproduction qui prime, que la sensation. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Le mot s\u2019ab\u00eeme dans son image\u00a0; les mots s\u2019\u00e9clipsent dans leurs transports.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">La lettre, le mot, la phrase n\u2019ont pas le m\u00eame impact, une fois projet\u00e9s, \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Cet \u00e9cart est l\u2019un des plus singuliers traits du film, le cin\u00e9ma convoque son \u00e9largissement, son d\u00e9passement. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Le signe projet\u00e9 rev\u00eat une autre importance, plus graphique certes, mais pas seulement, il ne singe pas l\u2019affiche. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">\u00e7Signe statique ou mouvant, selon les cas. Il s\u2019incruste telle une pelure et troue ainsi l\u2019image. Il est pour certains cin\u00e9astes\u00a0: images\u00a0: mots\u00a0:dites, images. Alors que pour d\u2019autres, le mot hante r\u00e9siduellement l\u2019image tel un commentaire, ou bien lui assigne sens et non-sens. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Dans de nombreux films, j\u2019en appelle aux mots. Ils sont les images qui scandent le film, ils en conditionnent la dur\u00e9e selon les arguments qu\u2019ils exposent parfois mots \u00e0 mots\u00a0; plus souvent, selon des d\u00e9filements horizontaux plus ou moins rapides. Le texte traverse l\u2019image, selon des directions qui perturbent notre lecture. Soudain, cette derni\u00e8re redevient red\u00e9couverte. Elle convoque d\u2019autres gymnastique et questionne ainsi nos habitudes, redynamisant l\u2019acte d\u2019appr\u00e9hension des lettres et des mots se jouant ainsi d\u2019une musicalit\u00e9 de la langue qui fait office d\u2019anticipation. La lecture est \u00e0 la merci de la vitesse autant que de l\u2019ordre et du sens d\u2019apparition des lettres, des mots. L\u2019encha\u00eenement n\u2019est plus garanti. On est pris dans une lecture qui est \u00e0 la fois suspendue \u00e0 l\u2019organisation du texte qui ne r\u00e9pond plus aux crit\u00e8res us\u00e9s et qui est aussi conditionn\u00e9 par la vitesse de son d\u00e9roulement de son apparition. Le contr\u00f4le est alors ext\u00e9rieur et il nous faut abandonner ainsi ce \u00e0 quoi nous avons toujours d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre cru\u00a0: au pouvoir de communication des mots qui forment phrases. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Mais qu\u2019advient-il alors que le mot s\u2019\u00e9chappe se son cadre et se met \u00e0 ex\u00e9cuter des partitions qui ne lui \u00e9taient pas attribu\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">La lettre, le mot n\u2019ont plus alors d\u2019espace et de comportement imprescriptible. Tout redevient possible.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Ils habitent le temps de l\u2019image et non plus l\u2019espace de la page ou l\u2019\u00e9cran. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">La question de la lettre, du mot, est centrale dans mon travail. La premi\u00e8re exp\u00e9rience cin\u00e9matographique que j\u2019ai faite, consister en la r\u00e9duction d\u2019une ma\u00eetrise de philosophie \u00e0 quelques dessins de mot sur la pellicule et qui devait permettre de faire l\u2019\u00e9conomie de la lecture du travail au profit d\u2019une exp\u00e9rience cin\u00e9matographique articulant ces concepts m\u00eames.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Le mot comme image, n\u2019est pas l\u2019image du mot comme la si bien explor\u00e9 Hollis Frampton dans <i>Zorn&rsquo;s Lemma<\/i> en produisant un alphabet singulier qui lui permet de nous conter d\u2019autres histoires.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">Le mot, le texte ne travaille plus la traduction.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">On est plus dans le domaine musical de la r\u00e9sonance que dans le champ de l\u2019irradiant. Ces textes participent de la fulgurance d\u2019une inscription, qui s\u2019\u00e9vanouit au moment ou elle se d\u00e9voile. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">C\u2019est alors que la scansion du mot \u00e0 mot autant que les vitesses des d\u00e9roulants induisent au travers de ces fulgurances une ind\u00e9niable po\u00e9sie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: large;\">yann beauvais<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>in \u00a0Spirit # 23 , Octobre, Bordeaux 2006 Du mot, de l\u2019image du mot La vitesse du mot, suspension de la parole\u00a0: l\u2019image\u00a0; instable. Passage, d\u00e9filement des phrases, dans toutes les directions. Il est question de vacillement, de vertige plus que d\u2019effondrement. 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