{"id":119,"date":"2014-03-02T21:49:13","date_gmt":"2014-03-02T20:49:13","guid":{"rendered":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=119"},"modified":"2015-01-29T22:00:35","modified_gmt":"2015-01-29T21:00:35","slug":"robert-nelson-quelques-films","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=119","title":{"rendered":"Robert Nelson : Quelques films (Fr)"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>pr\u00e9sentation au Mus\u00e9e d\u2019art Moderne et Contemporain de Strasbourg, 04-04-2007<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Ce qui caract\u00e9rise le cin\u00e9ma de Robert Nelson c\u2019est avant tout la multiplicit\u00e9 des approches qui jouent des genres cin\u00e9matographiques. Robert Nelson commence \u00e0 faire des films en 1963, \u00e0 San Francisco. L\u2019ann\u00e9e 63, est importante dans le champ cin\u00e9matographique ind\u00e9pendant puisqu\u2019elle marque l\u2019irruption \u00e0 New York des premiers travaux d\u2019Andy Warhol qui remettent en question le spectacle cin\u00e9matographique.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/RobertNelson_smaller.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-125\" src=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/RobertNelson_smaller-230x300.jpeg\" alt=\"RobertNelson_smaller\" width=\"230\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/RobertNelson_smaller-230x300.jpeg 230w, https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/RobertNelson_smaller.jpeg 387w\" sizes=\"auto, (max-width: 230px) 100vw, 230px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Robert Nelson apr\u00e8s des \u00e9tudes d\u2019art \u00e0 l\u2019Art Institut de San Francisco se lie d\u2019amiti\u00e9s avec diff\u00e9rents peintres dont William T. Wiley avec qui il r\u00e9alise des films. Il fr\u00e9quente Robert Hudson (sculpteur), et Robert Anerson. Tous feront partie de ce que l\u2019on a d\u00e9sign\u00e9 comme le mouvement\u00a0<i>California Funk<\/i>\u00a0des ann\u00e9es 60. On comprend par l\u00e0 une production d\u2019objets que l\u2019on fait pour soi ou pour des amis elle n\u2019a rien \u00e0 voir avec une production artistique pour la galerie et le mus\u00e9e. C\u2019est ainsi que Bruce Conner l\u2019une des figures essentielles du collage et de l\u2019assemblage de la c\u00f4te ouest d\u00e9finie cet art Funk. Il deviendra ensuite l\u2019un des cin\u00e9astes les plus influents du cin\u00e9ma exp\u00e9rimental \u00e0 travers ses films de found footage. L\u2019art funk de Californie, c\u2019est un art qui fait de bouts de ficelles, qui est informel qui fait appel au hasard et qui travaille l\u2019humour.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il r\u00e9alise, (ce que l\u2019on consid\u00e8re comme) son premier film\u00a0:\u00a0<i>Plastic Haircut<\/i>(1963) il est reconnu comme peintre, il a d\u00e9j\u00e0 \u00e0 son actif plusieurs expositions de ses peintures. Ce film est une collaboration entre la troupe de Mime de San Francisco, fond\u00e9e par Ron Davis, Bill Wiley et Steve Reich. Robert Nelson avait d\u00e9j\u00e0 vu quelques films d\u2019avant-garde aussi savait-ce qu\u2019il voulait faire avec ce film. Comme il le dit\u00a0: \u00ab\u00a0Je tournais plus d\u2019une heure de film, mais cela semblait sans int\u00e9r\u00eat, car c\u2019\u00e9tait tellement r\u00e9p\u00e9titif et long. Pendant des semaines je me d\u00e9battais avec les rushes, mais quoi que je faisais c\u2019\u00e9tait toujours chiant. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 je commen\u00e7ais \u00e0 couper de plus en plus dans le mat\u00e9riau\u00a0; plus les plans \u00e9taient courts mieux c\u2019\u00e9tait, et quand je compris que cela donnait au film toute son \u00e9nergie, je pris vraiment conscience de ce le montage pouvait bien \u00eatre.\u00a0[<a id=\"nh1\" title=\"Interview avec Scott MacDonald in  A Critical Cinema University of\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article501#nb1\" rel=\"footnote\">1<\/a>]\u00a0\u00bb<br \/>\nA cette m\u00eame \u00e9poque Steve Reich avec la troupe de mime de San Francisco est fit des pi\u00e8ces de musique pour des light shows ainsi que pour la pi\u00e8ce\u00a0<i>Ubu roi<\/i>, pour lequel William Wiley fit les d\u00e9cors. Il r\u00e9alise sa premi\u00e8re pi\u00e8ce pour bande avec ce film. Pour ce film, il cr\u00e9e un collage sonore \u00e0 partir d\u2019un 33 tour narrant les grands moments du sport, pour lequel il enregistrait une courte section, arr\u00eatait la bande, mettait l\u2019aiguille du bras \u00e0 un autre endroit, r\u00e9enregistrait et ainsi de suite. La progression graduelle qui va de l\u2019intelligible \u00e0 l\u2019inintelligible anticipe\u00a0<i>It\u2019s Gonna Rains<\/i>\u00a0autant que\u00a0<i>Come Out<\/i>.<br \/>\nCe qui d\u00e9sole encore \u00e0 ce jour Robert Nelson c\u2019est qu\u2019il ne savait pas comment faire des mixages \u00e0 cette \u00e9poque, aussi plaqua-t-il, le son de Steve Reich, sur de l\u2019amorce noire, et non pas sur les images\u00a0[<a id=\"nh2\" title=\"idem\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article501#nb2\" rel=\"footnote\">2<\/a>].<br \/>\nEn 1965 il r\u00e9alise pour Robert Nelson un canon en cinq parties pour\u00a0<i>Oh dem Watermelons<\/i>\u00a0(1965)\u00a0[<a id=\"nh3\" title=\"Pour de plus amples d\u00e9tails sur les premiers travaux de Steve Reich, voir\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article501#nb3\" rel=\"footnote\">3<\/a>]\u00a0qu\u2019il tira du spectacle de rue sur les st\u00e9r\u00e9otypes raciaux de la troupe de mime de Ron Davis dans\u00a0<i>A Minstrel Show (Civil Rights from the Cracker Barrel)<\/i>. Cette musique est une nouvelle pi\u00e8ce pour trois voix et piano. La musique de Steve Reich est bas\u00e9e sur la fin de la messe de Steven Foster.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Oh-Dem-Watermelons.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-123\" src=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Oh-Dem-Watermelons.jpeg\" alt=\"Oh Dem Watermelons\" width=\"275\" height=\"183\" \/><\/a><\/p>\n<p><i>Oh dem Watermelons<\/i>, semble partager l\u2019esth\u00e9tique des films de poursuites et des com\u00e9dies du premier cin\u00e9ma. Bien que Robert Nelson parle d\u2019une influence inconsciente d\u2019<i>Un chien andalou<\/i>\u00a0pour ce film, c\u2019est cependant le film \u00e0 Ren\u00e9 Clair et\u00a0<i>Entr\u2019acte<\/i>\u00a0autant qu\u2019\u00e0 certains com\u00e9dies slapstick qu\u2019on pensera plus qu\u2019aux films de Sidney Peterson (<i>The Cage<\/i>).\u00a0<i>Oh dem Watermelons<\/i>\u00a0s\u2019attache au st\u00e9r\u00e9otype raciste. L\u2019image du noir s\u2019incarnait \u00e0 travers la past\u00e8que qui est le fruit qu\u2019ils (les pauvres) d\u00e9voraient. Comme le reconnaissait dans les ann\u00e9es 90, Robert Nelson lorsqu\u2019il fit ce film dans les ann\u00e9es 60, il travaillait sur des st\u00e9r\u00e9otypes du pass\u00e9, clich\u00e9s r\u00e9prim\u00e9s qui surgissent bien souvent au d\u00e9tour d\u2019une plaisanterie, ou par sous-entendus. \u00ab\u00a0<i>Je peux comprendre que des gens soient furieux avec ce film, mais il est \u00e0 la limite. On ne peut tire une conclusion \u00e0 partir de toutes ces images, le film devient ce que vous y projeter. Je n\u2019ai jamais d\u00e9cid\u00e9 de prendre la parole \u00e0 mon compte et d\u2019\u00eatre un porte-parole quant au racisme. Mais il m\u2019a \u00e9t\u00e9 donner comme une opportunit\u00e9 que j\u2019ai su saisir.<\/i>\u00a0\u00bb En effet Ron Davis m\u2019a demand\u00e9 si je pouvais r\u00e9aliser une pi\u00e8ce d\u2019entracte pour son show, sur les rapports entre les noirs et les blancs, je voulais choquer&#8230;<br \/>\nSignalons quelques moments important dans ce film qui est constitu\u00e9 selon un assemblage particulier qui m\u00eale diff\u00e9rents types de filmage, qui travaille de mani\u00e8re dynamique l\u2019assemblage. On trouvera plusieurs s\u00e9quences anim\u00e9es qui \u00e9voquent celles du StanVandebeck de\u00a0<i>Science Friction<\/i>\u00a0(1959) autant que celles de Robert Breer du<i>Miracle<\/i>\u00a0(1954), dans lesquelles les collages de papiers et photographies sont anim\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 accentuer l\u2019humour \u00e0 travers les saccades et \u00e0 coups des mouvements L\u2019ouverture du film est int\u00e9ressante \u00e0 plus d\u2019un titre car apr\u00e8s le g\u00e9n\u00e9rique, un plan d\u2019une past\u00e8que sur un terrain de sport est cadr\u00e9 pendant une longue dur\u00e9e, plus d\u2019une minute, et semble retarder le d\u00e9roulement du film.<br \/>\nLa s\u00e9quence dans laquelle on \u00e9vide une past\u00e8que de ses visc\u00e8res partage un esprit surr\u00e9aliste avec cette autre que l\u2019on trouve dans\u00a0<i>Prune Flat<\/i>\u00a0(1965) de Robert Whitman et dans lequel des fruits et des l\u00e9gumes coup\u00e9s font appara\u00eetre des plumes, des paillettes etc&#8230;<br \/>\n<i>The Off-handed Jape<\/i>\u00a0(1967) est une autre co-r\u00e9alisation avec William Wiley.<br \/>\nD\u2019apr\u00e8s Robert Nelson, \u00ab\u00a0<i>le film a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en quelques heures pour l\u2019image autant que pour le son. Il pr\u00e9sente une d\u00e9clinaison d\u2019expressions et de grimaces dans des mises en sc\u00e8nes et d\u00e9monstrations du jeu d\u2019acteur.<\/i>\u00a0\u00bb Cette m\u00eame ann\u00e9e il r\u00e9alise un des grands films psych\u00e9d\u00e9liques de l\u2019\u00e9poque\u00a0;\u00a0<i>The Grateful Dead<\/i>\u00a0(1967) qui est une manipulation des images du groupe, au son de titres de leur premier album. Cette m\u00eame ann\u00e9e il r\u00e9alise une autre \u0153uvre essentiel\u00a0: <em>The Great Blondino<\/em> \u00e0 partir de la figure de Blandin \u00e9tait un magicien et funambule au 19 si\u00e8cle et qui traversa les chutes du Niagara en poussant une brouette\u00a0?<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/The-Great-Blondino.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-124\" src=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/The-Great-Blondino.jpeg\" alt=\"The Great Blondino\" width=\"274\" height=\"184\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ce film propose diverses d\u00e9ambulations dans San Francisco. Ce film \u00e9voque d\u2019autres d\u00e9ambulation infantile ou presque comme celle que propose Ron Rice dans\u00a0<i>The Flower Thief<\/i>\u00a0(1960) ou m\u00eame Ken Jacobs et Jack Smith dans leur film commun\u00a0<i>Star Spangled to Death<\/i>\u00a01958-60), et m\u00eame\u00a0<i>Tarzan and Jane Regained sort of<\/i>\u00a0(1963) de Andy Warhol, qui tous mettent des protagonistes au polymorphisme infantile. S\u2019agit-il d\u2019une interpr\u00e9tation des ann\u00e9es d\u2019apprentissage d\u2019un jeune Blondin qui \u00e0 l\u2019instar de Willem Meister voyage pour se d\u00e9couvrir.<\/p>\n<p>Avec\u00a0<i>Bleu Shut<\/i>\u00a0(1970) ( Bull shit\u00a0?) Robert Nelson s\u2019\u00e9loigne des films ant\u00e9rieurs, il s\u2019inscrit dans un autre registre cin\u00e9matographique, plus en phase avec le cin\u00e9ma structurel et dans lequel le passage le temps est l\u2019enjeu. A la diff\u00e9rence de\u00a0<i>The Awful Backlash<\/i>\u00a0(1967) enregistrement continu du d\u00e9m\u00ealage du fil d\u2019une canne \u00e0 p\u00eache, et qui par sa facture\u00a0: un plan fixe d\u2019une dizaine de minutes, rappelle\u00a0<i>Fog Line<\/i>\u00a0(197 de Larry Gotheim ou\u00a0<i>Lemon<\/i>\u00a0d\u2019Hollis Frampton, Blue Shut s\u2019\u00e9carte d\u2019une entreprise m\u00e9ditative au profit du jeu. En effet, ce film plein d\u2019humour met en jeu un quiz pour une part, qui est une parodie \u00e0 la fois des test \u00e0 choix multiples que l\u2019on retrouve aussi bien dans l\u2019enseignement que dans les jeux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s.<br \/>\nNous sommes imm\u00e9diatement renseign\u00e9 de la dur\u00e9e du film autant que du surgissement de diff\u00e9rents \u00e9v\u00e8nements dans le cours du film. C\u2019est ainsi qu\u2019une horloge est plac\u00e9e dans le cadre. L\u2019id\u00e9e de cette horloge est venue \u00e0 Nelson face \u00e0 aux difficult\u00e9s qu il \u00e9prouvait face \u00e0 certains films exp\u00e9rimentaux. Comme il le dit \u00ab\u00a0<i>J\u2019\u00e9prouve parfois l\u2019imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 de regarder combien de temps il reste sur la bobine. Quand je succombe \u00e0 la tentation de regarder en arri\u00e8re, ce qui reste appara\u00eet toujours \u00e9norme. J\u2019ai mis l\u2019horloge \u00e0 l\u2019\u00e9cran afin que personne n\u2019est besoin de se retourner.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Blue-shut.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-121\" src=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Blue-shut.jpeg\" alt=\"Blue shut\" width=\"261\" height=\"193\" \/><\/a><br \/>\nLe jeu qui consiste \u00e0 deviner le nom des photos de bateaux de plaisance fonctionne \u00e0 la fois comme une critique des jeux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s autant qu\u2019il semble se moquer des dispositifs d\u00e9ploy\u00e9s par un nombre important de films du cin\u00e9ma structurel, qui se prennent un peu trop au s\u00e9rieux. Les s\u00e9quences de devinettes sont entrecoup\u00e9es avec une vari\u00e9t\u00e9 de s\u00e9quences dans lesquelles le found footage domine. Elles proposent un panorama des styles, qui vont du film amateur porno en passant par des bandes d\u2019actualit\u00e9s de toutes sortes dont le montage appara\u00eet \u00e9voque\u00a0<i>A Movie<\/i>\u00a0(1959) de Bruce Conner. De m\u00eame on remarquera le jeux de synchronisation et d\u00e9synchronisation en boucle d\u2019une des s\u00e9quences qui nous montre un chien aboyant. La qualit\u00e9 du film r\u00e9side dans la conjonction de l\u2019horloge, des voix-off qui tentent de r\u00e9soudre les \u00e9nigmes du nom des bateaux, et la participation des spectateurs qui se prennent eux aussi au jeu, et qui appr\u00e9hendent ainsi la temporalit\u00e9 du film de mani\u00e8re sp\u00e9cifique\u00a0: la mat\u00e9rialit\u00e9 du film est \u00e9prouv\u00e9e par le processus d\u00e9fini par le jeu.<br \/>\nLe film implique le spectateur selon diff\u00e9rents niveaux\u00a0:\u00a0: la participation au moyen du jeu, l\u2019anticipation par l\u2019horloge et l\u2019entrain des protagonistes.<br \/>\n<i>Deep Wersturn<\/i>\u00a0(1974) semble \u00eatre \u00e0 la fois un clin d\u2019\u0153il \u00e0\u00a0<i><i>Off-Handed Jape<\/i>\u00a0<\/i>, pour le c\u00f4t\u00e9 accumulation d\u2019actions similaires, mais aussi \u00e0 Plastic Haircut par rapport \u00e0 une strat\u00e9gie de r\u00e9ductions des plans au moment du montage. Il s\u2019agit \u00e0 nouveau d\u2019une collaboration avec William Wiley.<br \/>\n\u00ab\u00a0<i>Il y avait un collectionneur d\u2019art de la r\u00e9gion de San Francisco qui s\u2019appelait Sam West. Il s\u2019int\u00e9ressait \u00e0 de jeunes artistes inconnus achetait leurs peintures et sculptures\u00a0; il acheta ainsi des peintures de Wiley, Allan et Hendeson, des peintures de Geis et Hudson avant quiconque ne les connaisse\u00a0? Ils ont eut de belles carri\u00e8res depuis, mais le truc de West c\u2019\u00e9tait toujours d\u2019\u00eatre le premier. Il avait une maison pleine de bonnes pi\u00e8ces qu\u2019il avait acquis pour rien, et il \u00e9tait amis de tous ces artistes. C\u2019\u00e9tait un dentiste qui travaillait \u00e9norm\u00e9ment, un personnage haut en couleurs. Il aimait les choses \u00e9tranges, et aimait l\u2019art de la c\u00f4te Ouest. Parfois il faisait du troc\u00a0: toute la famille de Wiley avait ainsi obtenu des soins dentaires gratuits pendant je ne sais pour combien d\u2019ann\u00e9e.<br \/>\nEt puis un beau jour, soudainement, il se suicida. Cela \u00e9tait d\u00fb \u00e0 une suite de probl\u00e8mes personnels et de sant\u00e9. Une f\u00eate fut organis\u00e9e en son honneur, dans l\u2019atelier de Bob. Tout le monde a pass\u00e9 un bon moment, en son honneur.<br \/>\nUne autre chose, un mois plut\u00f4t, Henderson s\u2019\u00e9tait procur\u00e9 du contreplaqu\u00e9 qu\u2019il avait sci\u00e9 en forme de pierres tombales. Il nous dit de r\u00e9aliser nos propres tombeaux. Ce que nous f\u00eemes tous, nous les utilis\u00e2mes dans ce film qui met en sc\u00e8ne des chutes plus ou moins orchestr\u00e9es.<\/i>\u00a0\u00bb<br \/>\nPour Nelson,il est difficile d\u2018appr\u00e9hender ce type de film car on ne soit pas \u00e0 quelles cat\u00e9gories il appartient. Il s\u2019agit de toute \u00e9vidence d\u2019un film r\u00e9alis\u00e9 entre ami, un film artisanal. Trouver quelques choses d\u2019int\u00e9ressant dans ces films \u00e0 quatre-sous est un go\u00fbt acquis. Vous avez besoin d\u2019un public familier.<\/p>\n<p>La question de la visibilit\u00e9 ou de l\u2019invisibilit\u00e9 de ce cin\u00e9ma de Robert Nelson qui pendant plusieurs ann\u00e9es, choisit de ne pas les montrer ou les distribuer est int\u00e9ressante \u00e0 plus d\u2019un \u00e9gard, c\u2019est vers la fin des ann\u00e9es 90 qu\u2019il prend cette d\u00e9cision.<br \/>\nReconnaissons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une attitude partag\u00e9e par de nombreux cin\u00e9astes, parmi ceux ci on retiendra les exp\u00e9riences de Warhol et Markopoulos ou m\u00eame Guy Debord pour n\u2019en c\u00eeter que quel ques uns.<br \/>\nMais \u00e0 la diff\u00e9rence de ces artistes, pour lesquels le retrait vis\u00e9 \u00e0 augmenter la valeur des films, en tout cas leur aura, chez Nelson c\u2019est \u00e0 la fois la fragilit\u00e9 du support, les couleurs s\u2019estompant qui motive ce choix. En effet comment pr\u00e9server l\u2019\u0153uvre pour le futur si les \u00e9l\u00e9ments qui la constituent commencent \u00e0 se d\u00e9t\u00e9riorer au point que les films en deviennent m\u00e9connaissables.<br \/>\nDe plus, ce retrait, lui permet de r\u00e9\u00e9valuer l\u2019\u0153uvre m\u00eame. Certains de ses films ne correspondant plus \u00e0 ses pr\u00e9occupations actuelles, il les revisitent, en les remontant, les alt\u00e9rant, les modifiant et proposent ainsi de nouvelles versions de ces \u0153uvres comme le fit dans le pass\u00e9 de nombreuses fois Kenneth Anger, qui pour certains titres changeait la bande sonore de ces \u0153uvres alors que pour d\u2019autres il les raccourcit.<br \/>\nCertaines actions sont plus radicales et vont jusqu\u2019\u00e0 la destruction, le d\u00e9montage, et la r\u00e9utilisation de la pellicule afin de les incorporer dans de compositions picturales.<\/p>\n<p>C\u2019 est au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 qu\u2019il montrera \u00e0 nouveaux ses travaux lorsque la Pacific Film Archives et l\u2019Academy Film Archives commenceront \u00e0 les pr\u00e9server.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<hr \/>\n<div id=\"nb1\">\n<p>[<a title=\"Notes 1\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article501#nh1\" rev=\"footnote\">1<\/a>]\u00a0Interview avec Scott MacDonald in\u00a0<i>A Critical Cinema<\/i>\u00a0University of California Press, Berkeley 1988 page 261<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb2\">\n<p>[<a title=\"Notes 2\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article501#nh2\" rev=\"footnote\">2<\/a>]\u00a0idem<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb3\">\n<p>[<a title=\"Notes 3\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article501#nh3\" rev=\"footnote\">3<\/a>]\u00a0Pour de plus amples d\u00e9tails sur les premiers travaux de Steve Reich, voir\u00a0<i>Minimalism\u00a0: Origins<\/i>\u00a0de Edward Strickland<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>pr\u00e9sentation au Mus\u00e9e d\u2019art Moderne et Contemporain de Strasbourg, 04-04-2007 Ce qui caract\u00e9rise le cin\u00e9ma de Robert Nelson c\u2019est avant tout la multiplicit\u00e9 des approches qui jouent des genres cin\u00e9matographiques. Robert Nelson commence \u00e0 faire des films en 1963, \u00e0 San Francisco. L\u2019ann\u00e9e 63, est importante dans le champ cin\u00e9matographique ind\u00e9pendant puisqu\u2019elle marque l\u2019irruption \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[132,9,6],"tags":[],"class_list":["post-119","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ateliersconferencesenseignements-workshopslecturesteaching","category-cineastes","category-ecrits"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/119","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=119"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/119\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1152,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/119\/revisions\/1152"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=119"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=119"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=119"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}