{"id":131,"date":"2014-03-02T22:15:20","date_gmt":"2014-03-02T21:15:20","guid":{"rendered":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=131"},"modified":"2015-01-29T21:59:15","modified_gmt":"2015-01-29T20:59:15","slug":"autour-du-cinema-experimental-et-de-la-jeune-video-bresilienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=131","title":{"rendered":"Autour du cin\u00e9ma exp\u00e9rimental et de la jeune vid\u00e9o br\u00e9silienne (Fr)"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>\u00e0 l\u2019occasion d\u2019un \u00e9t\u00e9 br\u00e9silien, Faux Mouvement, Universit\u00e9 Paul Verlaine, Metz, 25-10-2005<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>La pratique du cin\u00e9ma exp\u00e9rimental au Br\u00e9sil si l\u2019on s\u2019en tient au support argentique est aujourd\u2019hui quasiment inexistante. Rares sont en effet les cin\u00e9astes qui travaillent ce champ avec de la pellicule. Des cin\u00e9astes, tel Arthur Omar ont privil\u00e9gi\u00e9 la vid\u00e9o et, en ce qui le concerne, le travail photographique et les installations, d\u2019autres tel Jomard Muniz de Britto, qui est l\u2019un des po\u00e8tes majeurs du Br\u00e9sil, a r\u00e9alis\u00e9 plusieurs films super 8 dans les ann\u00e9es 70, il s\u2019est tourn\u00e9 r\u00e9cemment vers la vid\u00e9o comme avec<i>Aquarellas do Brasil<\/i>\u00a0(2005).<br \/>\nKarim Ainouz a de son c\u00f4t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 au moins deux films exp\u00e9rimentaux dont\u00a0<i>Paixo Nacional<\/i>\u00a0(1994) un film sur un jeune Br\u00e9silien qui fuient les pers\u00e9cutions homophobes de son pays entrecoup\u00e9 avec des vues touristiques du Br\u00e9sil comme pays de libert\u00e9 sexuelle,\u00a0<i>O preso<\/i>\u00a0(1991, une fiction exp\u00e9rimentale) avant de se consacrer \u00e0 d\u2019autres projets plus classiquement queer tel\u00a0<i>Madame Sata<\/i>. Ses travaux ant\u00e9rieurs comme ceux de Vivian Ostrosvky, qu\u2019ils s\u2019agissent de\u00a0<i>Copacabana Beach<\/i>\u00a0(1981) ou des plus r\u00e9cents<i>Ice Sea<\/i>\u00a0(2004), sont g\u00e9n\u00e9ralement tourn\u00e9 en super 8 avant d\u2019\u00eatre gonfl\u00e9 en 16 ou 35mm.<br \/>\nCarlos Adriano serait alors l\u2019une des rares exceptions dans ce paysage, il travaille principalement le 16 et le 35mm et ses films oscillent entre la forme documentaire et l\u2019\u00e9tude exp\u00e9rimentale comme dans son film\u00a0<i>Remanescensias<\/i>\u00a0(1994-97), qui est une \u00e9tude \u00e0 partir des 11 premiers photogrammes jamais enregistr\u00e9s au Br\u00e9sil, l\u2019onde de la mer sur les pontons d\u2019une jet\u00e9e. Ce travail est de facture exp\u00e9rimentale, il oscille entre le caract\u00e8re graphique du traitement de l\u2019image, appos\u00e9e sur l\u2019image, un habillage de l\u2019image et un travail plus directement cin\u00e9matographique de tirage optique qui alterne des couleurs et des \u00ab\u00a0flickers\u00a0\u00bb ainsi que les rythmes de pulsation de la tr\u00e8s br\u00e8ve s\u00e9quence. Ce film participe d\u2019une esth\u00e9tique n\u00e9o-structurale.<br \/>\nArthur Omar est l\u2019autre cin\u00e9aste qui a continu\u00e9 \u00e0 \u0153uvrer dans le cin\u00e9ma au moment pour sa production vid\u00e9o prenait une plus grande ampleur. Il incarne parfaitement ce qui est aujourd\u2019hui devenu une pratique courante chez les cin\u00e9astes exp\u00e9rimentaux du monde entier \u00e0 savoir le recours \u00e0 diff\u00e9rents supports qui sont utilis\u00e9s en fonction du sujet et de son traitement. Certains des travaux qu\u2019Arthur Omar effectu\u00e9 sur la pellicule se sont report\u00e9es dans le domaine de la vid\u00e9o. Si la mat\u00e9rialit\u00e9 du film \u00e9tait pr\u00e9pond\u00e9rante dans\u00a0<i>Voc\u00eas<\/i>\u00a0(vous 1979) par le recours au clignotement et plus exactement aux effets stroboscopiques sur la figure d\u2019un jeune gu\u00e9rill\u00e9ro arm\u00e9. C\u2019est la granularit\u00e9 des textures et des pellicules qui sont privil\u00e9gi\u00e9s dans\u00a0<i>Tesouro da Juventude<\/i>\u00a0(tr\u00e9sor de la jeunesse1977). Ce film rend hommage \u00e0 Alberto Calvacanti en utilisant seulement des extraits de films ethnographiques montr\u00e9s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, ou trouv\u00e9 dans les poubelles des salles de montage. Le refilmage de ces \u00e9l\u00e9ments produits par le recadrage une transformation de la granularit\u00e9 et des textures qui deviennent flux de mati\u00e8re lumineuse\u00a0[<a id=\"nh1\" title=\"C\u2019est nous qui traduisons \u00ab Un jour, je d\u00e9cidai de rendre un hommage au\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb1\" rel=\"footnote\">1<\/a>]. Ces textures, ces mati\u00e8res moirages et transformations dans le retraitement de l\u2019image trouvent leur prolongement dans les vid\u00e9os plus r\u00e9centes tel<i>A Ultima Sereia<\/i>\u00a0(la derni\u00e8re sir\u00e8ne) 1997, ou bien dans\u00a0<i>Panico Sutil<\/i>\u00a0(panique subtile1998) et surtout dans\u00a0<i>A Logica do \u00caxtase<\/i>\u00a0(la logique de l\u2019extase 1998)<\/p>\n<p>Il faut se poser la question de cette absence de production contemporaine exp\u00e9rimentale argentique, en la mettant en perspective selon deux axes, l\u2019un politique, l\u2019autre \u00e9conomique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 les \u00e9v\u00e8nements politiques qui ont marqu\u00e9 le Br\u00e9sil depuis les ann\u00e9es 64 jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9mocratisation du pays quelque vingt ans plus tard, qui ont pes\u00e9 de tout leur poids sur la libert\u00e9 d\u2019expression des cin\u00e9astes\u00a0; de l\u2019autre, les co\u00fbts de production d\u2019un film 16mm sont exorbitants pour une \u00e9conomie pauvre et quand bien m\u00eame le film soit exp\u00e9rimental. Cette pratique est luxueuse car on\u00e9reuse si on la compare \u00e0 celle du super 8 ou de la vid\u00e9o. S\u2019explique alors le recours au super 8 comme une alternative radicale, une forme de r\u00e9action et de r\u00e9sistance vis-\u00e0-vis d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9prim\u00e9e. Ce format par la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de la cam\u00e9ra, la facilit\u00e9 de son utilisation, permet, au Br\u00e9sil l\u2019\u00e9panouissement de toutes les formes cin\u00e9matographiques qui vont de la revendication libertaire, \u00e0 la d\u00e9clamation po\u00e9tique en passant par le film formel\u00a0[<a id=\"nh2\" title=\"Sur le cin\u00e9ma super 8 br\u00e9silien, voir les nombreux articles de Rubens Machado\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb2\" rel=\"footnote\">2<\/a>]<br \/>\nOn se souvient que Lygia Pape d\u00e9clarait en 1973 que \u00ab\u00a0le super 8 est r\u00e9ellement un nouveau langage, et ce principalement quand on est en dehors d\u2019un engagement commercial dans le syst\u00e8me. C\u2019est la seule forme de recherche, c\u2019e\u00a0[<a id=\"nh3\" title=\"st aujourd\u2019hui la pierre d\u2019achoppement de l\u2019invention. Lygia Pape in\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb3\" rel=\"footnote\">3<\/a>]\u00a0\u00bb A cet \u00e9gard,<i>Wanpirou<\/i>\u00a0(1974) de la cin\u00e9aste pourrait facilement s\u2019inscrire dans cette cin\u00e9matographie du corps que l\u2019on verra en France dans la seconde moiti\u00e9 dues ann\u00e9es 70, qui s\u2019approprie certains th\u00e8mes du cin\u00e9ma fantastique \u00e0 partir desquels, les rites, la sexualit\u00e9 sont montr\u00e9s plus ouvertement que dans le cin\u00e9ma de divertissement. Le super 8 favorise \u00e0 la fois cette r\u00e9appropriation et sa disqualification par l\u2019amateurisme de ses protagonistes.<\/p>\n<p>La d\u00e9claration de Lygia Pape est proche, dans ses choix, de celles des partisans de ce format qu\u2019ils soient europ\u00e9ens ou am\u00e9ricains des ann\u00e9es 60 et 70 et qui, tous, louent sa maniabilit\u00e9, sa l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, sa disponibilit\u00e9. En France, le super 8 exp\u00e9rimental a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 comme cin\u00e9ma du corps par Dominique Noguez en 1977 et cin\u00e9ma corporel par Maria Klonaris et Katerina Thomadaki. Rappelons que ce cin\u00e9ma du corps a \u00e9t\u00e9 fortement influenc\u00e9 par Werner Schroeter et Kenneth Anger qui mettent en sc\u00e8ne des rituels. Ces rites, sont \u00e0 c\u00f4t\u00e9s de la qu\u00eate identitaires des traits distinctifs de l\u2019art corporel. On retrouve certaines relations entre les premiers travaux de Iole de Freitas\u00a0:<i>Elements<\/i>\u00a0(1972) et\u00a0<i>Glass Pieces \/ Life Slices<\/i>\u00a0(1974) et ceux de Maria Klonaris et Katherina Thomadaki qu\u2019il s\u2019agissent de\u00a0<i>l\u2019Enfant qui a piss\u00e9 des paillettes<\/i>\u00a0(1974) ou<i>Double Labyrinthe<\/i>\u00a0(1975).<\/p>\n<p>D\u2019autre part, il ne faut sous-estimer l\u2019int\u00e9r\u00eat que les plasticiens br\u00e9siliens ont ainsi que leurs pairs occidentaux pour le cin\u00e9ma dans les ann\u00e9es 60 et 70, avant qu\u2019ils ne s\u2019int\u00e9ressent plus \u00e0 la vid\u00e9o. Au br\u00e9sil, comme le remarque justement Arlindo Machado,\u00a0[<a id=\"nh4\" title=\"Made in Brazil tres decadas do video brasileiro, Itau Cultural, Sao Paulo\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb4\" rel=\"footnote\">4<\/a>]\u00a0l\u2019usage de la vid\u00e9o s\u2019est rapidement d\u00e9ploy\u00e9 pour les artistes et principalement en regard de l\u2019enregistrement d\u2019actions ou de performances ce qui les distingue ainsi de la plupart des travaux cin\u00e9matographiques qui ne le faisaient pas n\u00e9cessairement.<br \/>\nC\u2019est dans ce contexte qu\u2019il faut appr\u00e9hender le travail d\u2019H\u00e9lio Oiticica.<br \/>\nL\u2019un des traits distinctifs de la production cin\u00e9matographique envisag\u00e9e par H\u00e9lio Oticica fait voler en \u00e9clats la notion de cin\u00e9ma (quand bien m\u00eame il a tourn\u00e9 plusieurs films super 8, (<i>Brasil-Jorge<\/i>\u00a0(1971),\u00a0<i>Agripina \u00e9 Roma-Manhattan<\/i>\u00a0(1972) qui sont plus ou moins achev\u00e9, pour Bruce Jenkins H\u00e9lio d\u00e9sactive le cin\u00e9ma pour renouer avec une sorte de pr\u00e9 cin\u00e9ma\u00a0[<a id=\"nh5\" title=\"Bruce Jenkins in  Critical Voices  series pour l\u2019exposition d\u2019H\u00e9lio Oiticica\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb5\" rel=\"footnote\">5<\/a>]\u00a0). Il propose une nouvelle forme de cin\u00e9ma \u00e9largi\u00a0: le quase-cinema. Ses propositions cin\u00e9matographiques agencent des modes du cin\u00e9matographique qui est entendu comme un dispositif, un \u00e9quipement qui outrepasse le seul ruban, c\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: la salle. Dans ces installations de\u00a0<i>quasi-cin\u00e9ma<\/i>\u00a0tel\u00a0<i>Neyrotika<\/i>(1973 slide show) et l\u2019ensemble des\u00a0<i>Cosmococas<\/i>, et\u00a0<i>Helena inventa Angela Maria<\/i>(1975) il produit un environnement o\u00f9 des \u00e9v\u00e8nements audio-visuels se d\u00e9roulent dans une mise en sc\u00e8ne dans laquelle les interventions et la participation des spectateurs n\u2019est pas conditionn\u00e9 par une narration stabilis\u00e9e, car plus \u00e9clat\u00e9e, fragmentaire, mais par une ambiance audio-visuelle compos\u00e9e de chansons pop, et de projection dans laquelle l\u2019exp\u00e9rience corporelle, la sensation physique de l\u2019espace est pr\u00e9pond\u00e9rante. On retrouve ici une influence d\u00e9cisive dans la compr\u00e9hension d\u2019un \u00e9v\u00e9nement cin\u00e9matographique qui transcendent le support m\u00eame, au profit d\u2019une mise en sc\u00e8ne, d\u2019une mise en espace d\u2019un \u00e9v\u00e8nement proche de la performance, en la personne de Jack Smith\u00a0[<a id=\"nh6\" title=\"c\u2019est nous qui traduisons \u00ab jack est un g\u00e9nie et je l\u2019aime, (..) j\u2019ai appris\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb6\" rel=\"footnote\">6<\/a>]<br \/>\n. Les projections sont r\u00e9alis\u00e9es au moyen de diapositives, la temporalit\u00e9, et la m\u00e9canique de ces projections multiples est constitutive du dispositif. En ce sens H\u00e9lio Oiticica partage avec de nombreux cin\u00e9astes exp\u00e9rimentaux et les artistes de l\u2019\u00e9poque, cette n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019incorporer les outils qui fa\u00e7onnent l\u2019exp\u00e9rience. Mais il partage avec d\u2019autres la valorisation d\u2019un art d\u2019ambiance, un art d\u2019immersion. Pr\u00e9figuration et revitalisation d\u2019un art total qui se manifeste diff\u00e9remment selon les \u00e9poques.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Diapositives\u00a0: diapositives non-audiovisuelles parce que, lorsqu\u2019on les programme, on \u00e9largit les limites de la succession des images projet\u00e9es&#8230; enrichies parce qu\u2019elles deviennent relatives \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une sorte d\u2019environnement ridicule\u00a0: \u00e0 mon avis, Jack Smith en a \u00e9t\u00e9 le pr\u00e9curseur\u00a0: il a su tirer de son cin\u00e9ma non pas une vision naturaliste cherchant \u00e0 imiter l\u2019apparence mais une sorte de narration fragmentaire&#8230; un miroir bris\u00e9, les diapositives d\u00e9placent l\u2019environnement par une dur\u00e9e non sp\u00e9cifique et par le replacement continu du projecteur qui cadre et recadre les images sur murs-plafonds-sols, juxtaposition de la bande-son (disques) faite au hasard&#8230;ces blocks dont les cinq premiers ont \u00e9t\u00e9 programm\u00e9s par Neville et moi, replacent \u00e0 mon avis les probl\u00e8mes de l\u2019image d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9 par\u00a0<i>Tropicalia<\/i>\u00a0(qui r\u00e9alise en 1967), (etc) dans une perspective de spectacle (spectacle performance) que l\u2019exp\u00e9rience de Neville rend tr\u00e8s int\u00e9ressantes \u00e0 mes yeux..\u00a0[<a id=\"nh7\" title=\"in Helio Oticica Galeria Nationale du jeu de Paume, RNM Paris\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb7\" rel=\"footnote\">7<\/a>]\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On se souvient qu\u2019H\u00e9lio Oticica \u00e9t\u00e9 fortement impressionn\u00e9 par les performances et les films de Jack Smith en 1971 il \u00e9crit \u00ab\u00a0J\u2019ai vu un autre film de lui (<i>Curse of Cretinism<\/i>) et j\u2019ai pens\u00e9\u00a0: youpee, ce mec est \u00e9gal \u00e0 moi, non pas que je souhaite faire des trucs identiques, ou qui paraissent similaires, mais c\u2019est que l\u2019absurdit\u00e9 du langage alli\u00e9 au d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour le banal m\u2019intrigue \u00e9norm\u00e9ment, et l\u2019esprit g\u00e9n\u00e9ral des trucs me rend familier avec tout\u00a0[<a id=\"nh8\" title=\"c\u2019est nous qui traduisons \u00ab havia vistou outro filme d\u00eale (curse of cretinism\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb8\" rel=\"footnote\">8<\/a>]\u00a0. Il y a un paradoxe dans cet \u00e9nonc\u00e9 vis-\u00e0-vis du banal dans la mesure ou Jack Smith autant qu\u2019H\u00e9lio Oiticica ont tous deux travaill\u00e9 sur des manifestations et mise en lumi\u00e8re du banal, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re qui peut se lire par exemple dans la libert\u00e9 que se laisse les deux artistes vis \u00e0 vis de la production de la piste sonore de leur pi\u00e8ce. Je me souviens de Jack Smith jouant des disques, selon l\u2019inspiration du moment sur un tourne disques lors des projections qu\u2019il fit \u00e0 Paris de<i>Flaming Creatures<\/i>\u00a0(1963) et\u00a0<i>No Pr\u00e9sident<\/i>\u00a0(1967-70). L\u2019exp\u00e9rience cin\u00e9matographique se d\u00e9place alors dans le champ de la performance. Dans le cas de Smith, l\u2019exp\u00e9rience est en suspens, virtuelle si l\u2019on attend \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement hors du commun. On est plong\u00e9 dans une dilatation temporelle\u00a0; un espace-temps ind\u00e9fini\u00a0; en effet on pouvait attendre plus d\u2019une heure avant que Smith n\u2019apparaisse sur \u00ab\u00a0sc\u00e8ne\u00a0\u00bb, si tant est que l\u2019on puisse parler de sc\u00e8ne, sans savoir exactement \u00e0 quels moments la performance avait commenc\u00e9. Les performances pouvaient pr\u00e9senter les manifestations d\u2019un spectacle en devenir, qui sont marqu\u00e9es par la projection d\u2019une diapositive, l\u2019audition d\u2019une musique, le r\u00e9ajustement d\u2019un colifichet&#8230;<br \/>\nCette facult\u00e9 d\u2019improvisation de Jack Smith se retrouve fortement dans le film d\u2019H\u00e9lio\u00a0:<i>Agripina \u00e9 Roma-Manhattan<\/i>\u00a0[<a id=\"nh9\" title=\"Le texte du film est : Agripina \u00e9 Roma-Manhattan em rum e em petroleo a\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb9\" rel=\"footnote\">9<\/a>]<br \/>\n. Ce n\u2019est pas un hasard si H\u00e9lio fait appel \u00e0 Mario Montez qui est l\u2019un des acteurs travestis de Jack Smith. Dans ce film, la part d\u2019improvisation est proche de celles qu\u2019on voit \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Smith comme cin\u00e9aste ou acteur. Pour m\u00e9moire rappelons aussi que Mario Montez est l\u2019un\/e des protagonistes phares de\u00a0<i>Flaming Creatures<\/i>. Cette dilatation, ou compression du temps inscrivent dans la performance l\u2019exp\u00e9rience de la drogue, autant qu\u2019elle manifeste une esth\u00e9tique \u00ab\u00a0camp\u00a0\u00bb dont la particularit\u00e9 chez Smith est de s\u2019en tenir aux pr\u00e9paratifs. Les deux artistes partagent ces pr\u00e9occupations par-del\u00e0 les diff\u00e9rences des \u0153uvres.<\/p>\n<p>Ce travail d\u2019H\u00e9lio est singulier \u00e0 plus d\u2019un \u00e9gard dans la mesure ou il met \u00e0 la fois en crise le cin\u00e9ma et les arts plastiques selon des formes participatives qui renouent en les renouvelant les exp\u00e9riences d\u2019art total pr\u00e9conis\u00e9 par Andy Warhol avec\u00a0<i>Exploding Plastic Inevitable<\/i>\u00a0de m\u00eame avec les\u00a0<i>Cosmococas<\/i>\u00a0se peut se retrouvait un sentiment similaire \u00e0 celui que devait ressentir les spectateurs du Movidrome de Stan Vanderbeck. Une plong\u00e9e dans l\u2019image et le son dont le spectateur n\u2019avait aucune connaissance de la dur\u00e9e de l\u2019exp\u00e9rience dans laquelle il s\u2019est plong\u00e9.<\/p>\n<p>Deux autres points me semblent important \u00e0 souligner. L\u2019un rel\u00e8ve de cette parent\u00e9 que l\u2019on peut discerner chez H\u00e9lio Oiticica et Andy Warhol vis \u00e0 vis du monde des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s, qu\u2019il s\u2019agisse de cin\u00e9ma ou de rock. On retrouve chez l\u2019un comme chez l\u2019autre les portraits de Marylyn Monroe, ainsi que des portraits de chanteurs pop\u00a0; Jimmy Hendrix, Mick Jagger&#8230;cette fascination pour les stars roc<\/p>\n<p>L\u2019autre point concerne l\u2019homosexualit\u00e9 d\u2019H\u00e9lio Oiticica et sa mise en sc\u00e8ne dans quelques travaux. On ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019y penser \u00e0 la projection d\u2019Agripina, ou de<i>Neyrotika<\/i>. Ce sont les corps plus que la trame narrative qui compte, c\u2019est la performance de Mario Montez en drag qui importe plus que tout\u00a0[<a id=\"nh10\" title=\"Sur Mario Montez,  voir yann beauvais : hommage \u00e0  Mario Montez in\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb10\" rel=\"footnote\">10<\/a>]. De m\u00eame, les corps de ces jeunes hommes dans\u00a0<i>Neyrotika<\/i>\u00a0exposent et exhibent une sexualit\u00e9 sont le sujet du travail. Ils inscrivent l\u2019importance du r\u00f4le dans la constitution d\u2019un personnage, et manifestent clairement des situations de d\u00e9sir. Il ne s\u2019agit pas pour autant d\u2019un travail militant, loin de l\u00e0, cependant l\u2019affirmation du d\u00e9sir pour ces corps est clairement prononc\u00e9e par le nombre de clich\u00e9s et par le type de clich\u00e9, l\u2019encha\u00eenement des photos cr\u00e9ant une \u00ab\u00a0quasi animation\u00a0\u00bb pour reprendre les termes d\u2019Ivana Benes\u00a0[<a id=\"nh11\" title=\"Voir le texte H.O and Cinema world in H\u00e9lio Oiticica Quasi-Cinema,\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nb11\" rel=\"footnote\">11<\/a>]et donc une fois de plus se tient au seuil du cin\u00e9ma.<br \/>\nComme d\u2019autres homos de sa g\u00e9n\u00e9ration et des pr\u00e9c\u00e9dentes, H\u00e9lio partage l\u2019usage de la projection film\u00e9e pour montrer publiques des images plus ou moins proscrites par les m\u00e9dias dominants.<\/p>\n<p>La vision des films qui constituent le corpus de Cinemarginalia 70 prend aujourd\u2019hui, une nouvelle dimension. En effet, ces films ont vieilli. Ici il faut comprendre ce vieillissement comme la d\u00e9t\u00e9rioration du support, sa d\u00e9composition partielle li\u00e9s aux conditions de stockage autant qu\u2019\u00e0 l\u2019usure occasionn\u00e9e par les projections. On remarque ainsi deux types de traces, celles si caract\u00e9ristiques du super 8\u00a0: les rayures ponctuelles qui s\u2019inscrivent en gris et les poussi\u00e8res coll\u00e9es, traces noires virevoltantes, ainsi que les collures. Avec le temps, la trace des d\u00e9p\u00f4ts qu\u2019ils s\u2019agissent de scotche ou de salive, travaille l\u2019\u00e9mulsion. Parfois, autour d\u2019une rayure plus profonde, la pellicule s\u2019ab\u00eeme dans la couleur, les couleurs changent, comme si filtr\u00e9es, avant de se mouvoir parfois dans un bouillonnement de mati\u00e8res qui est proche des films alchimiques contemporains comme Jurgen Reble, Phil Solomon.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<hr \/>\n<div id=\"nb1\">\n<p>[<a title=\"Notes 1\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh1\" rev=\"footnote\">1<\/a>]\u00a0C\u2019est nous qui traduisons \u00ab\u00a0Un jour, je d\u00e9cidai de rendre un hommage au cinquanti\u00e8me anniversaire de son film En rade (No porto). En r\u00e9alisant un film exp\u00e9rimental d\u00e9di\u00e9 \u00e0 ce ma\u00eetre. Je n\u2019utilisais que des extraits de documentaires ethnographiques montr\u00e9s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou trouv\u00e9s dans les poubelles d\u2019une salle de montage. Par le refilmage, les effets visuels, les recadrages, la granularit\u00e9 augmente, l\u2019alt\u00e9ration des valeurs chromatiques, les gros plans extr\u00eames de petits d\u00e9tails, les r\u00e9p\u00e9titions et les surimpressions, je cr\u00e9ais un flux rythmique de lumi\u00e8re constant et hypnotique qui d\u00e9construisait le documentaire traditionnel, en entrem\u00ealant les images d\u2019hommes, d\u2019animaux, des volcans, de tribus, d\u2019arbres, des ar\u00e8nes, des avalanches sans me pr\u00e9occuper de l\u2019information, mais juste de l\u2019\u00e9motion d\u2019un inconscient attentif.\u00a0\u00bb in Arthur Omar\u00a0:\u00a0<i>A Logica do \u00caxtase<\/i>, Centro Cultural, Banco do Brasil, Rio 2001<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb2\">\n<p>[<a title=\"Notes 2\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh2\" rev=\"footnote\">2<\/a>]\u00a0Sur le cin\u00e9ma super 8 br\u00e9silien, voir les nombreux articles de Rubens Machado et principalement<i>Marginalia 70, O Experimentalismo no Super-8 brasileiro<\/i>\u00a0itau cultural, Sao Paulo 2001.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb3\">\n<p>[<a title=\"Notes 3\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh3\" rev=\"footnote\">3<\/a>]\u00a0st aujourd\u2019hui la pierre d\u2019achoppement de l\u2019invention. Lygia Pape in\u00a0<i>Expoproje\u00e7ao 73<\/i>, de Aracy Amaral, Sao Paulo, edi\u00e7ao do Centro de Artes Novo mundo, 1973<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb4\">\n<p>[<a title=\"Notes 4\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh4\" rev=\"footnote\">4<\/a>]\u00a0<i>Made in Brazil tres decadas do video brasileiro<\/i>, Itau Cultural, Sao Paulo 2003, il existe maintenant une traduction fran\u00e7aise<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb5\">\n<p>[<a title=\"Notes 5\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh5\" rev=\"footnote\">5<\/a>]\u00a0Bruce Jenkins in Critical Voices series pour l\u2019exposition d\u2019<i>H\u00e9lio Oiticica Quasi-Cinema<\/i>transcription, New Museum of contemporary art New York, 10\/03\/2002<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb6\">\n<p>[<a title=\"Notes 6\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh6\" rev=\"footnote\">6<\/a>]\u00a0c\u2019est nous qui traduisons \u00ab\u00a0jack est un g\u00e9nie et je l\u2019aime, (..) j\u2019ai appris avec lui en peu de jours tout ce que j\u2019ai toujours d\u00e9sir\u00e9 comme fut le d\u00e9chifrement visc\u00e9ral du monde am\u00e9ricain, les rebuts de consommation, etc\u00a0: sujet film\u00a0: la production d\u2019un monde d\u2019images richissimes\u00a0: en m\u00eame temps l\u2019isolement et la mythification qui font de lui, c\u2019est ali\u00e9nante et absurde\u00a0: on le prends pour une g\u00e9nie fou artaudien, \u00e0 qui tout est permis et interdit simultan\u00e9ment, et les gens paraissent se contenter avec ce r\u00f4le passif qui performe ce jugement compulsif absurde\u00a0: une folie\u00a0! Le jour de cette projection de diapositives avec bande son, c\u2019\u00e9tait cette ambiance\u00a0: \u00e7a s\u2019appelait \u201cTravelogue of Atlantis\u201d (&#8230;) en somme tout a commenc\u00e9 \u00e0 10h30, et trois heures plus tard, les trois premi\u00e8res diapositives, il s\u2019arr\u00eate pour demie heure\u00a0: il a chang\u00e9 l\u2019\u00e9cran de place, en sorte que les diapositives projet\u00e9es subissent une coupe \u00e0 la projection, puis il a chang\u00e9 le projecteur de place afin de donner la coupe d\u2019\u00e9vitement \u00e0 chaque diapositive, le reste de la diapositive teinter l\u2019ambiance\u00a0: incroyable, l\u2019attente et l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 qui me dominaient valaient vraiment la peine\u00a0: ce fut une espece de quase cinema, si le cin\u00e9ma est tout ce qu\u2019on peut imaginer\u00a0; la m\u00eame simplicit\u00e9 complexe que l\u2019on peut ressentir avec godard, mais plus grand que godard pour moi\u00a0; les images, la dur\u00e9e de chaque diapos sur l\u2019\u00e9cran, etc, c\u2019\u00e9tait g\u00e9nial et importantissime\u00a0: la bande son musique d\u2019une radio ondes courtes (&#8230;) musiques latines de types espagnoles de malaga), choses incroyables, bruits\u00a0: son t\u00e9l\u00e9phone, et voitures dans le trafic, etc \u00e7a c\u2019est fini \u00e0 une heure du matin, j\u2019en sorti transform\u00e9. Jack Smith en couleurs\u00a0: un must\u00a0: vous voyez que chaque diapositives est une totalit\u00e9 et la s\u00e9quence int\u00e9gralle est une transformation au degr\u00e9 le plus fort\u00a0: un travelogue (un journal de voyage), concept g\u00e9nial\u00a0!\u00a0\u00bb lettre \u00e0 Waly Salomao le 24 avril 71, in H\u00e9lio Oticica e a cena americana, curadoria Gloria Ferreira , Rio de<br \/>\nJaneiro 1997<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb7\">\n<p>[<a title=\"Notes 7\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh7\" rev=\"footnote\">7<\/a>]\u00a0in\u00a0<i>Helio Oticica<\/i>\u00a0Galeria Nationale du jeu de Paume, RNM Paris 1992<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb8\">\n<p>[<a title=\"Notes 8\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh8\" rev=\"footnote\">8<\/a>]\u00a0c\u2019est nous qui traduisons \u00ab\u00a0havia vistou outro filme d\u00eale (curse of cretinism ) e havia pensado\u00a0: pux, esse cara \u00e9 igual a min\u00a0; nao que eu quisesse fazer algo id\u00eantico, ou mesmo paraceido, mas \u00e9 que o absurdo da languagem, aliado a um desinteresse pelo banal, me interessam demais e o espirito geral dai coisa me faz muito familiar con tudo\u00a0\u00bb lettre \u00e0 Edival Ramosa d\u2019avril 1971.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb9\">\n<p>[<a title=\"Notes 9\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh9\" rev=\"footnote\">9<\/a>]\u00a0Le texte du film est\u00a0: Agripina \u00e9 Roma-Manhattan<br \/>\nem rum e em petroleo a inundar<br \/>\nherald-o-Nero aceso facho<br \/>\ne borracho<br \/>\nmae-patria ensinando a nadar\u00a0!<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb10\">\n<p>[<a title=\"Notes 10\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh10\" rev=\"footnote\">10<\/a>]\u00a0Sur Mario Montez, voir yann beauvais\u00a0: hommage \u00e0 Mario Montez in\u00a0<i>Poussi\u00e8res d\u2019image<\/i>, Paris Exp\u00e9rimental Paris, 1998<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb11\">\n<p>[<a title=\"Notes 11\" href=\"https:\/\/yannbeauvais.com\/archives\/spip.php?article498#nh11\" rev=\"footnote\">11<\/a>]\u00a0Voir le texte H.O and Cinema world in\u00a0<i>H\u00e9lio Oiticica Quasi-Cinema<\/i>, exposition organis\u00e9e par Carlos Basualdo, Hatje Cantz publishers, 2001<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00e0 l\u2019occasion d\u2019un \u00e9t\u00e9 br\u00e9silien, Faux Mouvement, Universit\u00e9 Paul Verlaine, Metz, 25-10-2005 La pratique du cin\u00e9ma exp\u00e9rimental au Br\u00e9sil si l\u2019on s\u2019en tient au support argentique est aujourd\u2019hui quasiment inexistante. Rares sont en effet les cin\u00e9astes qui travaillent ce champ avec de la pellicule. Des cin\u00e9astes, tel Arthur Omar ont privil\u00e9gi\u00e9 la vid\u00e9o et, en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[6,8],"tags":[27,43],"class_list":["post-131","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecrits","category-essais","tag-bresil","tag-video"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/131","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=131"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/131\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1150,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/131\/revisions\/1150"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}