{"id":160,"date":"2014-03-03T15:16:29","date_gmt":"2014-03-03T14:16:29","guid":{"rendered":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=160"},"modified":"2015-01-29T22:15:02","modified_gmt":"2015-01-29T21:15:02","slug":"paul-sharits-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=160","title":{"rendered":"Paul Sharits (Fr)"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>in note programme Adicinex des 27 et 28 novembre 1980<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>\u00ab\u00a0On a l\u2019art pour ne pas p\u00e9rir de la v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb. Nietzsche<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je me suis transfigur\u00e9 en z\u00e9ro des formes et me suis rep\u00each\u00e9 du trou d\u2019eau des d\u00e9tritus de l\u2019Art Acad\u00e9mique. Malevitch<\/p>\n<p>Si l\u2019essence de l\u2019art est la manifestation de l\u2019indicible, de l\u2019imperceptible, c\u2019est par le cin\u00e9ma que Paul Sharits vise cette essentialit\u00e9. Son \u0153uvre n\u2019est pas seulement une critique de la perception et de l\u2019esth\u00e9tique, elle atteint dans son implacable \u00e9puration des contenus et des formes, ce paradigme, ce mirage du rien que l\u2019art moderne, et pas seulement lui, a repouss\u00e9 dans ses limites extr\u00eames. Sharits parle volontiers de l\u2019influence de Malevitch sur son \u0153uvre, il \u00e9voque aussi ce fantasme de Flaubert\u00a0; une nouvelle sur le rien\u00a0: la forme du rien\u00a0! C\u2019est aussi \u00e0 Debussy que l\u2019on pensera devant le tr\u00e8s beau travail de Sharits sur le son\u00a0: la musique comme souffle de la vie\u00a0: ultime manifestation de l\u2019art par le musical.<br \/>\nConsid\u00e9rons deux grands axes de recherche dans l\u2019\u0153uvre de Sharits.\u00a0<i>T.O.U.C.H.I.N.G<\/i>,<i>N:O:T:H:I:N:G<\/i>,\u00a0<i>Ray Gun Virus<\/i>, le film est appr\u00e9hend\u00e9 ici, comme une succession de photogrammes puls\u00e9s dans l\u2019espace et dans le temps par la lumi\u00e8re. Cet axe met en \u00e9vidence l\u2019intermittence comme constituant majeur du film. Avec les films \u00ab\u00a0flicker\u00a0\u00bb de Sharits est d\u00e9voil\u00e9 le dispositif cin\u00e9ma. C\u2019est une suite de\u00a0: on\/off\/on\/off continus, r\u00e9gulable \u00e0 volont\u00e9. Regardant\u00a0<i>T.O.U.C.H.I.N.G<\/i>, le spectateur est amen\u00e9 \u00e0 se poser un ensemble de questions sur les processus de conscientisation. La conscience du spectateur est ancr\u00e9e dans le temps. S\u2019en apercevoir c\u2019est geler le temps. C\u2019est arr\u00eater le d\u00e9filement. C\u2019est briser la narration au profit de ses constituants. C\u2019est op\u00e9rer un ralentissement, un retard du d\u00e9filement des pens\u00e9es dans notre conscience. Point nodal du travail qu\u2019effectue Paul Sharits dans et par le film photogrammique.<\/p>\n<p>Dans son deuxi\u00e8me axe de recherche le film est appr\u00e9hend\u00e9 cette fois comme se d\u00e9roulant dans le temps. \u00c7a d\u00e9file, \u00e7a se d\u00e9veloppe dans le temps. Les films de cette conception (<i>S\/S\/S\/S\/S\/S<\/i>,\u00a0<i>Inferential Current<\/i>,\u00a0<i>Analytical Study<\/i>&#8230;) interrogent les possibilit\u00e9s de la temporalit\u00e9 et ses divers modes d\u2019actualisation dans le film. Les diff\u00e9rents temps et \u00e9paisseurs dans le film se combinent et s\u2019affrontent avec l\u2019\u00e9prouv\u00e9 temporel du spectateur. Seule l\u2019\u0153uvre de Sharits nous offre avec ses complexit\u00e9s temporelles simultan\u00e9es ce temps unique dont notre \u00e9motion est tiss\u00e9e.<br \/>\nLe premier axe de recherche envisage le film comme une suite interrompue de photogrammes. Le deuxi\u00e8me comme un d\u00e9filement d\u2019une bande de plastique dans le temps\u00a0; d\u2019o\u00f9 il r\u00e9sulte une synth\u00e8se possible que seront les derniers travaux de Sharits, tels que\u00a0<i>Epileptic Seizure Comparison<\/i>,\u00a0<i>Dream Displacement<\/i>,\u00a0<i>Declarative Mode<\/i>,<i>Episodic Generation<\/i>. Dans cette synth\u00e8se, son travail ne s\u2019\u00e9puise pas. Ces films ouvrent un nouveau champ d\u2019investigation qui est encore loin d\u2019\u00eatre d\u00e9frich\u00e9. La simplicit\u00e9 extr\u00eame du mat\u00e9riau utilis\u00e9 induit une complexit\u00e9 des enjeux et des relations qu\u2019entretient le cin\u00e9ma avec son spectateur, l\u2019art, la m\u00e9taphysique, le social. Voir \u00e0 ce propos\u00a0<i>Epileptic Seizure Comparison<\/i>\u00a0o\u00f9 de l\u2019int\u00e9rieur on est \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la crise \u00e9pileptique et inversement. Ou dans\u00a0<i>Declarative Mode<\/i>, o\u00f9 l\u2019on s\u2019aper\u00e7oit que le bord de (de l\u2019\u00e9cran, de la connaissance, du temps ou de la raison&#8230;) est le seul recours possible si l\u2019on veut appr\u00e9hender quoique ce soit de l\u2019existant. Connaissance par les bords, par les gouffres, par les fuites\u00a0; telles seraient quelques-unes des voies possibles d\u2019acc\u00e8s au travail de Sharits. Il va sans dire que l\u2019on ne peut que mutiler son travail en l\u2019appr\u00e9hendant aussi succinctement par le texte. Il s\u2019agit d\u2019un travail dont on ne peut faire l\u2019\u00e9conomie, et dont l\u2019\u00e9prouv\u00e9 du spectateur est fondamental.<br \/>\nyb<\/p>\n<p>Adicinex Paris<\/p>\n<p>\u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9s le 27 novembre<br \/>\nDeclarative Mode 1976-77 40\u2019 double \u00e9cran<br \/>\nEpisodic Generation 1976 30\u2019<\/p>\n<p>et le 28 novembre<br \/>\nT.O.U.C.H.I.N.G, 1968 12\u2019<br \/>\nInferential Current 1971 8\u2019<br \/>\nTails 1976 3\u2019<br \/>\nEpileptic Seizure Comparizson 1976 35\u2019<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>in note programme Adicinex des 27 et 28 novembre 1980 \u00ab\u00a0On a l\u2019art pour ne pas p\u00e9rir de la v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb. Nietzsche \u00ab\u00a0Je me suis transfigur\u00e9 en z\u00e9ro des formes et me suis rep\u00each\u00e9 du trou d\u2019eau des d\u00e9tritus de l\u2019Art Acad\u00e9mique. Malevitch Si l\u2019essence de l\u2019art est la manifestation de l\u2019indicible, de l\u2019imperceptible, c\u2019est par [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9,6],"tags":[],"class_list":["post-160","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cineastes","category-ecrits"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/160","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=160"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/160\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1172,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/160\/revisions\/1172"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=160"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=160"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yannbeauvais.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=160"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}