{"id":53,"date":"2014-03-02T12:58:19","date_gmt":"2014-03-02T11:58:19","guid":{"rendered":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=53"},"modified":"2015-01-29T21:51:36","modified_gmt":"2015-01-29T20:51:36","slug":"o-expanded-cinema-de-valie-export","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yannbeauvais.com\/?p=53","title":{"rendered":"O Expanded Cinema de Valie EXPORT  (Pt)"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><em>Tatu\u00ed 13<\/em>, Recife 2012<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>O Expanded Cinema de VALIE EXPORT Uma resposta ao esgotamento do cinema estrutural<\/p>\n<p>Considerar o cinema como uma pr\u00e1tica art\u00edstica emancipada de todo controle, afirm\u00e1-lo desdobrando as particularidades que o meio esconde, compreender e esclarecer a singularidade de atuar que ele permite, examinar as modalidades de fabrica\u00e7\u00e3o, apresenta\u00e7\u00e3o e distribui\u00e7\u00e3o dos filmes. Aqui encontramos algumas das particularidades que caracterizam o campo conhecido como cinema experimental, e que tantas vezes responde de maneira cr\u00edtica ao cinema dominante por suas formas, conte\u00fados, meios de produ\u00e7\u00e3o e condi\u00e7\u00f5es de exposi\u00e7\u00e3o (distribui\u00e7\u00e3o e espa\u00e7os de exibi\u00e7\u00e3o). Nas rela\u00e7\u00f5es estabelecidas entre cinema experimental e as artes pl\u00e1sticas, encontra-se a singular posi\u00e7\u00e3o de Valie EXPORT. Desde o in\u00edcio, a artista escolheu trabalhar com cinema. N\u00e3o com qualquer tipo de cinema, mas com aquele que ela chama de expanded cinema (cinema expandido).<br \/>\nConservaremos o nome ingl\u00eas, pois se trata de uma compreens\u00e3o do cinema mais pr\u00f3xima \u00e0quela dos artistas pl\u00e1sticos dos anos 90 e, portanto, radicalmente diferente do cinema expandido dos cineastas experimentais do fim dos anos 60 e 70. Diversamente \u00e0 produ\u00e7\u00e3o americana &#8211; dominada desde o fim dos anos 60 pelo cinema estrutural\u00a0-, mas tamb\u00e9m diferentemente da escola materialista europeia, encarnada pelo cinema brit\u00e2nico e alem\u00e3o do in\u00edcio dos anos 70, Valie EXPORT privilegia o conte\u00fado em detrimento da forma, tal como tradicionalmente compreendida. A artista n\u00e3o cultiva uma din\u00e2mica essencialista em rela\u00e7\u00e3o ao cinema\u00a0: \u201c<i>nunca fui ligada a uma interroga\u00e7\u00e3o puramente formal do material f\u00edlmico, mas sempre me preocupei com o conte\u00fado da imagem, isso sempre foi importante para mim<\/i>\u00a0\u201d..<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Rencontres\/conf\u00e9rences dans le cadre de l\u2019exposition Valie EXPORT au Centre national de la photographie, Paris 29-10-03<\/b><\/p>\n<p>La question de l\u2019identit\u00e9, la question de la repr\u00e9sentation d\u2019une identit\u00e9, la question de l\u2019appartenance \u00e0 un corps donn\u00e9, sous repr\u00e9sent\u00e9e, mal repr\u00e9sent\u00e9e dans le sens d\u2019exploit\u00e9, fait tradition chez les artistes femmes. Ce n\u2019est donc, pas un hasard que celles-ci s\u2019emparent de support nouveau pas encore formater par la domination masculine, ou bien qu\u2019elles investissent des supports en d\u00e9pla\u00e7ant leurs usages comme c\u2019est le cas avec la photo, le cin\u00e9ma\u00a0; la vid\u00e9o, la performance. Valie EXPORT en dehors de toute pol\u00e9mique quant \u00e0 l\u2019importance de son \u0153uvre, poursuit le travail, et donc la lutte initi\u00e9e par de nombreuses artistes de l\u2019avant-garde des ann\u00e9es 20. Par ailleurs, elle renouvelle dans le cin\u00e9ma, le travail impuls\u00e9 par la g\u00e9n\u00e9ration des cin\u00e9astes des ann\u00e9es 40 aux \u00e9tats-unis et qui s\u2019appropri\u00e8rent un outil et en fa\u00e7onn\u00e8rent des usages pour le moins in\u00e9dits. Proche en cela de la d\u00e9marche de Maya Deren, Valie Export joue dans ses premiers films, elle est m\u00eame son sujet.<\/p>\n<p>J\u2019aimerais vous parler de cet ancrage afin d\u2019en signifier \u00e0 la fois la pertinence mais aussi les limites et montrer comment Valie EXPORT se singularise vis-\u00e0-vis d\u2019une telle approche. Comment elle s\u2019inscrit en porte-\u00e0-faux et comment elle inaugure des attitudes et des formes de travail qui m\u00ealent aux questions esth\u00e9tiques des revendications politiques et qui par cons\u00e9quent l\u2019ont maintenu \u00e0 la marge des circuits de reconnaissances classiques, qu\u2019ils s\u2019agissent du march\u00e9 de l\u2019art ou du champ du cin\u00e9ma exp\u00e9rimental. Mais tout d\u2019abord il nous faut revenir \u00e0 un probl\u00e8me pour le moins majeur et dont je ne peux faire l\u2019\u00e9conomie. Au nom de quoi et pourquoi un homme parle-t-il de Valie EXPORT\u00a0? La question n\u2019est pas secondaire car, c\u2019est entre autres, de \u00e7a dont il est question dans le travail artistique de Valie EXPORT. La question de la repr\u00e9sentation des femmes, d\u2019un sujet la femme qui n\u2019a pas de voie puisqu\u2019elle est \u00e9nonc\u00e9e, confisqu\u00e9e, assujettie aux repr\u00e9sentations sociales qui sont le fait des dominants, c\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: les hommes. Pour \u00eatre bref, en me situant dans un champ que je ma\u00eetrise un peu mieux, je dirais que la rencontre avec Valie EXPORT s\u2019est produite lors de la vision de son film <i>Syntagma<\/i>(1983) en 1985. Les pr\u00e9c\u00e9dents films que j\u2019avais pu voir jusqu\u2019alors m\u2019avaient d\u2019une certaine mani\u00e8re \u00e9chapp\u00e9, trop concern\u00e9 que j\u2019\u00e9tais par des questions quant \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 du support et son agencement selon une approche plut\u00f4t formaliste. Avec <i>Syntagma<\/i>, il m\u2019a sembl\u00e9 qu\u2019on \u00e9tait en pr\u00e9sence d\u2019un film somme, un film qui posait tant de questions, investissait tant de domaines qu\u2019il fallait imp\u00e9rativement entrer en contact avec la cin\u00e9aste et favoriser la diffusion d\u2019une pareille \u0153uvre. Cela ne relevait pas militantisme vis-\u00e0-vis des femmes, il s\u2019agissait pour moi de faciliter l\u2019accessibilit\u00e9 \u00e0 une \u0153uvre forte. On fait parfois preuves de na\u00efvet\u00e9s impardonnables. Etais-je\u00a0? Etions-nous vraiment l\u2019organisation (Light Cone) la plus \u00e0 m\u00eame \u00e0 faciliter une telle diffusion\u00a0? Groupe de cin\u00e9astes d\u2019avant-garde \u00e0 un moment ou pour beaucoup le cin\u00e9ma n\u2019avait plus aucun int\u00e9r\u00eat et encore moins celui qui se d\u00e9finissait comme cin\u00e9ma exp\u00e9rimental&#8230;<\/p>\n<p>La position de Valie EXPORT vis-\u00e0-vis du cin\u00e9ma exp\u00e9rimental et des arts plastiques est singuli\u00e8re. Tout d\u2019abord elle choisit d\u00e8s le d\u00e9but de travailler le cin\u00e9ma, mais pas n\u2019importe quel type de cin\u00e9ma. Un cin\u00e9ma qu\u2019elle nomme Expanded Cinema (cin\u00e9ma \u00e9largi). Nous conserverons la nomination anglaise car il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une compr\u00e9hension du cin\u00e9ma, qui s\u2019apparente plus \u00e0 celles des plasticiens des ann\u00e9es 90, et qui est aussi ant\u00e9rieur, pour ne pas dire d\u00e9plac\u00e9 dans son radicalisme par rapport \u00e0 l\u2019expanded cin\u00e9ma, pratiqu\u00e9 par les cin\u00e9astes exp\u00e9rimentaux de la fin des ann\u00e9es 60 et 70. \u00c0 la diff\u00e9rence de la production am\u00e9ricaine, domin\u00e9e d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 60 par le cin\u00e9ma structurel, mais aussi \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019\u00e9cole mat\u00e9rialiste europ\u00e9enne, incarn\u00e9e par le cin\u00e9ma britannique et allemand du d\u00e9but des ann\u00e9es 70, Valie EXPORT privil\u00e9gie les contenus sur la forme. Elle n\u2019est pas dans une dynamique essentialiste vis-\u00e0-vis du cin\u00e9ma. Comme elle le rappelle lors d\u2019une interview en 1995\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 li\u00e9 par une interrogation purement formelle du mat\u00e9riau filmique, mais j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9occup\u00e9 par le contenu de l\u2019image, cela a toujours \u00e9t\u00e9 important pour moi.<\/i>\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb1\">1<\/a>]\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Examinons le contexte d\u2019\u00e9mergence de l\u2019\u0153uvre de Valie EXPORT.<\/p>\n<p>Valie EXPORT conna\u00eet les travaux de Peter Kubelka (figure embl\u00e9matique de la sc\u00e8ne autrichienne) comme ceux des actionistes viennois qu\u2019il s\u2019agisse des films d\u2019Otto M\u00fclh, de Gunther Brus ou ceux r\u00e9alis\u00e9s par Kurt Kren. Ce dernier ainsi que Marc Adrian a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9s par la musique et la po\u00e9sie autrichienne de l\u2019\u00e9poque. Le Wiener Grupp groupe de po\u00e8tes artistes actifs entre 1954 et 1960 a \u00e9t\u00e9 essentiel pour toute cette g\u00e9n\u00e9ration d\u2019artistes autrichiens. Il pr\u00e9figure l\u2019actioniste viennois par son go\u00fbt dans la production d\u2019\u00e9v\u00e9nement et de mises en sc\u00e8nes ou d\u2019actions, autant qu\u2019il anticipe de nombreuses tendances de l\u2019art des ann\u00e9es 60 aux ann\u00e9es 80 (\u00e0 travers les happenings avant la lettre, l\u2019art conceptuel, un certain type de d\u00e9tournement etc&#8230;). En 1985, Valie EXPORT r\u00e9alisera dans <i>Table Quotes<\/i>, un portrait de l\u2019un des membres de ce groupe qui d\u00e9truisit la plupart de ses \u0153uvres \u00e0 la fin des ann\u00e9es 50, Oswald Wiener. Les figures pr\u00e9pond\u00e9rantes dans le cin\u00e9ma en Autriche sont, tr\u00e8s certainement Peter Kubelka et Kurt Kren. La reconnaissance de Kurt Kren est avant tout europ\u00e9enne, alors que Kubelka jouera un r\u00f4le essentiel aupr\u00e8s de Jonas Mekas dans la fondation de l\u2019Anthologie Film Archive \u00e0 New York. Peter Kubelka est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des fondateurs du cin\u00e9ma ind\u00e9pendant europ\u00e9en aux c\u00f4t\u00e9s de Maurice Lema\u00eetre\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb2\">2<\/a>]. Peter Kubelka interroge le cin\u00e9ma \u00e0 partir de son mat\u00e9riau m\u00eame. Son travail \u00e0 la fin des ann\u00e9es 50 dans trois de ses films les plus achev\u00e9s investit la nature de l\u2019objet cin\u00e9matographique. Il s\u2019agit d\u2019un cin\u00e9ma formel, un cin\u00e9ma mat\u00e9rialiste qui manifeste le support \u00e0 partir de son fonctionnement selon ses constituants \u00e9l\u00e9mentaires. Il op\u00e8re par r\u00e9duction tout en visant \u00e0 l\u2019universalisme, il pr\u00e9figure le cin\u00e9ma structurel de quelques ann\u00e9es. Il d\u00e9finit ce cin\u00e9ma comme m\u00e9trique. Cette croyance en l\u2019universalisme sera invalid\u00e9e par Valie EXPORT et par la plupart des artistes femmes des ann\u00e9es 60.<\/p>\n<p>Le premier film de Kubelka <i>Mosaik im Vertrauen<\/i> (1954-55) est une co-r\u00e9alisation avec Ferry Radax qui devient le cin\u00e9aste du Wiener Grupp en travaillant avec un de ses membres Konrad Bayer (1934 -1964), ils r\u00e9alisent ensemble <i>Sonne Halt<\/i> (1959-62). Pour sa part Peter Kubelka ne sera jamais associ\u00e9 \u00e0 aucun des groupes viennois de ces \u00e9poques, bien qu\u2019il soit ami de certains de leurs membres\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb3\">3<\/a>] . L\u2019influence du cin\u00e9ma de Peter Kubelka sera tr\u00e8s forte aux Etats-Unis, alors que Kurt Kren\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb4\">4<\/a>] exerce une influence plus importante en Angleterre et en Allemagne. Ces d\u00e9tails ont leur importance car ils vont nous permettre de comprendre plus facilement les enjeux et la nature de la r\u00e9ception des travaux de Valie EXPORT au d\u00e9but des ann\u00e9es 70. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de cette tabula rasa initi\u00e9e par Kubelka, que d\u00e9couvre Kren au d\u00e9but 60 et dont la radicalit\u00e9 l\u2019influence dans ces trois premiers films de 61, on trouve un grand nombre d\u2019actions film\u00e9es lors des \u00e9v\u00e9nements con\u00e7ut par les actionistes viennois. Leur art se r\u00e9v\u00e8le comme absolument n\u00e9cessaire vis-\u00e0-vis d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 cl\u00e9ricale et ultraconservatrice. Le travail de sape d\u00e9clench\u00e9 dans la po\u00e9sie par le Wiener Grupp\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb5\">5<\/a>] . prend une autre dimension dans la mesure o\u00f9 les actionistes ne font pas un num\u00e9ro de cabaret, comme l\u2019\u00e9taient encore les deux actions du Wiener Grupp, qui se rattachaient ainsi du dada\u00efsme. Les actionistes ont pour premier mat\u00e9riau le corps dans toutes ses expressions. Il s\u2019agit avant tout d\u2019une insubordination caract\u00e9ris\u00e9e qui vise \u00e0 mettre \u00e0 mal une soci\u00e9t\u00e9 ramass\u00e9e sur elle-m\u00eame, enferm\u00e9e dans un conservatisme postfasciste. La plupart des actions qui d\u00e9notent un rapport avec les happenings d\u2019Alan Kaprow\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb6\">6<\/a>], interrogent les repr\u00e9sentations du corps au travers son an\u00e9antissement, sa sexualit\u00e9 en utilisant des mat\u00e9riaux tel le sang, la merde etc. Ces actions remettaient en cause la r\u00e9alit\u00e9 polic\u00e9e, aseptis\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 autrichienne. Il s\u2019agissait de s\u2019opposer par l\u2019art \u00e0 la r\u00e9pression constante d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 normalis\u00e9e. Ces actions usaient, abusaient des corps. Elles utilisaient la femme, la repr\u00e9sentaient malgr\u00e9 leur radicalisme revendiqu\u00e9 comme tout autre groupe, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle \u00e9tait un objet qui n\u2019avait pas droit aux chapitres hormis celui d\u2019\u00eatre l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments de la performance, tritur\u00e9 par l\u2019instance dominante\u00a0: l\u2019homme. On voit imm\u00e9diatement pourquoi et comment la pratique de Valie EXPORT se singularise par rapport \u00e0 ces artistes-l\u00e0. \u00ab\u00a0<i>Je critique le r\u00f4le des femmes dans les actions mat\u00e9rielles, qui ont \u00e9t\u00e9 le fait d\u2019artistes masculins (En tant que f\u00e9ministe, je ne m\u2019int\u00e9resse pas aux r\u00f4les des hommes).<\/i>\u00a0\u00bb Pour elle en effet dans ses performances, l\u2019action \u00ab\u00a0<i> vise \u00e0 obtenir l\u2019union de l\u2019acteur et du mat\u00e9riau, de la perception et de l\u2019action, du sujet et de l\u2019objet, l\u2019actionnisme f\u00e9ministe, le mat\u00e9riau \u00ab\u00a0femme\u00a0\u00bb, subjugu\u00e9e et tenue en esclavage par le cr\u00e9ateur masculin, en une actrice et cr\u00e9atrice ind\u00e9pendantes, elle est sujet de sa propre histoire. Car, sans capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019exprimer par soi-m\u00eame et sans champ d\u2019action, il ne saurait y avoir de dignit\u00e9 humaine<\/i>\u00a0\u00bb Valie EXPORT fait partie de cette g\u00e9n\u00e9ration d\u2019artistes autrichiens qui apr\u00e8s les actionistes viennois\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb7\">7<\/a>] interrogent le social, la politique selon des modalit\u00e9s diff\u00e9rentes. Si l\u2019on pense \u00e0 Ernst Schmidt Jr\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb8\">8<\/a>] . dans le cin\u00e9ma exp\u00e9rimental, \u00e0 Peter Weibel et Valie EXPORT dans les arts plastiques qui comprennent le cin\u00e9ma dans une acceptation particuli\u00e8re ce n\u2019est plus la surcharge signifiante comme l\u2019Actionnisme l\u2019a pr\u00e9conis\u00e9e mais la r\u00e9duction, l\u2019analyse, le d\u00e9codage des signes pris dans un syst\u00e8me plus large de la communication qui sont investit. Si les actionnismes saturaient le sens par la surcharge en d\u00e9non\u00e7ant de mani\u00e8res spectaculaires les tabous et la r\u00e9pression de la soci\u00e9t\u00e9 autrichienne, ils le faisaient encore avec des moyens qui relevaient de la peinture gestuelle et d\u2019un certain expressionnisme. (C\u2019est en ce sens que l\u2019on comprend les liens unissant cette peinture avec l\u2019expressionnisme abstrait ou avec la peinture gestuelle japonaise). Ce qui n\u2019est plus du tout le cas chez Valie EXPORT, ou Peter Weibel. On est en pr\u00e9sence ici, d\u2019une analyse de la communication qui s\u2019expose dans la projection d\u2019un corps qui est lui-m\u00eame compris comme surface r\u00e9ceptrice productrice des ph\u00e9nom\u00e8nes de socialisation. C\u2019est dans ce sens qu\u2019il faut comprendre les premiers travaux de Valie EXPORT. \u00ab\u00a0<i>Mon travail devrait \u00eatre compris comme une critique des actions mat\u00e9rielles, une r\u00e9ponse artistique distincte afin de r\u00e9pondre \u00e0 ces actions mat\u00e9rialistes<\/i>\u00a0\u00bb Quels sont-ils donc ces travaux qui nous pr\u00e9occupent et qui aujourd\u2019hui rev\u00eatent une importance extr\u00eame. Ils ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme de l\u2019Expanded Cinema. Dans le cas de Valie EXPORT il s\u2019agit d\u2019actions cin\u00e9matographiques, des projections de signes qui se produisent en dehors du lieu de consommation classique du cin\u00e9ma. \u00ab\u00a0<i>Le concept et l\u2019intention des premiers travaux en Expanded Cinema consistaient \u00e0 d\u00e9coder la r\u00e9alit\u00e9 telle que manipul\u00e9e dans le film. Apporter le dispositif cin\u00e9matographique dans l\u2019espace et la temporalit\u00e9 de l\u2019installation afin de briser la bi-dimentionalit\u00e9 de la surface plane. Au c\u0153ur de mon analyse, on trouvait la d\u00e9construction de la r\u00e9alit\u00e9 dominante, la d\u00e9construction et l\u2019abstraction du mat\u00e9riau, la tentative de produire de nouvelles formes de communication et leur r\u00e9alisation. Mon travail s\u2019attachait \u00e0 s\u2019\u00e9carter des formes de cin\u00e9ma traditionnel, de sa production commerciale &#8211; production conventionnelle des s\u00e9quences cin\u00e9matographiques selon le tournage, montage, projection et de les remplacer en partie avec des aspects de la r\u00e9alit\u00e9 comme des nouveaux signes de la r\u00e9alit\u00e9. Pr\u00e9sentation, produit, production, r\u00e9alit\u00e9 forment un tout dans l\u2019Expanded Cinema. Dans l\u2019action cutting (1967-68) je ne coupais pas le ruban de cellulo\u00efd, mais le corps de l\u2019\u00e9cran \u00e9clair\u00e9 par la lampe du projecteur. Le son de la coupe (le rasage), de la respiration, et du projecteur sans film constituent la bande-son. L\u2019\u00e9clairage, le d\u00e9veloppement et les images \u00e9taient donc produits simultan\u00e9ment<\/i>\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb9\">9<\/a>] Lorsque Valie EXPORT explore ce concept d\u2019Expanded Cinema, elle red\u00e9finie la compr\u00e9hension du cin\u00e9ma comme lieu d\u2019\u00e9change. Elle active cet espace en tant qu\u2019espace de communication qui a pour habitude de ne fonctionner que dans la douce neutralit\u00e9 de son environnement ouat\u00e9, il s\u2019agit d\u2019un lieu \u00e0 sens unique. En effet il n\u2019y a pas de r\u00e9ciprocit\u00e9 dans cet usage du cin\u00e9ma. Valie Export boute litt\u00e9ralement le cin\u00e9ma hors les murs, il sort de son placard et de son usage feutr\u00e9. Il s\u2019expose. Cette exposition est particuli\u00e8re puisqu\u2019elle d\u00e9ploie \u00e0 la fois le dispositif m\u00eame autant qu\u2019elle se r\u00e9alise \u00e0 travers des actions pr\u00e9cises qui ne font appel que tr\u00e8s secondairement aux outils du cin\u00e9ma. Ce renversement est particuli\u00e8rement excitant dans la mesure o\u00f9 il d\u00e9place \u00e0 la fois le sujet, et l\u2019objet du cin\u00e9ma autant qu\u2019il se r\u00e9f\u00e8re aux usages dominant du cin\u00e9ma en les critiquant par le simple fait de les exposer. Au moyen de ce d\u00e9placement, on pourrait parler de renversement, Valie EXPORT cherche \u00e0 restituer de nouvelles perspectives de perceptions \u00e0 nos sens amput\u00e9s. Ainsi, si l\u2019on examine quelques propositions de l\u2019Expanded Cinema, est-on frapp\u00e9 par la mani\u00e8re avec laquelle l\u2019artiste travaille diff\u00e9rentes couches du dispositif cin\u00e9matographique. Parfois elle interroge la question de la mat\u00e9rialit\u00e9 du support et les processus en y substituant certains de ses \u00e9l\u00e9ments. D\u2019autres fois, elle privil\u00e9gie les moments de la r\u00e9ception du film c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019interaction induite par le dispositif, d\u2019autres fois encore elle fera du corps, le sien, celui des spectateurs le mat\u00e9riau de l\u2019action. Parfois elle combine ces diff\u00e9rents aspects. Le remplacement des \u00e9l\u00e9ments du dispositif se retrouve dans <i>Abstract Film N\u00b01<\/i> (1967-68). Dans cette installation, il est question de production et projection d\u2019image selon un syst\u00e8me d\u2019\u00e9change particulier qui peut faire appel \u00e0 d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments naturels comme \u00e9crans comme des pierres, des arbres etc. Ce qui est int\u00e9ressant avec ce travail c\u2019est le lien que l\u2019on discerne entre des propositions de Gina Pane et de Valie EXPORT. En effet, le recours \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments naturels, comme l\u2019eau, la pierre, permettent d\u2019\u00e9carter l\u2019aspect technologique au profit du rapport entre nature et culture. Ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait le m\u00eame geste que l\u2019on retrouve avec Gina Pane lorsqu\u2019elle d\u00e9place des pierres d\u2019un sentier pour les exposer au soleil dans <i>Pierres d\u00e9plac\u00e9es<\/i> (1968), mais j\u2019y vois cependant une relation qui permet par un l\u00e9ger d\u00e9placement, une r\u00e9duction de l\u2019acte d\u2019ouvrir de nouveaux espaces de repr\u00e9sentations. Ce geste ouvre pour Gina Pane le chemin de la performance, de l\u2019action, comme il s\u2019inscrit aussi chez Valie EXPORT. On constate que pour Valie EXPORT et Gina Pane, le corps est un syst\u00e8me de signe\u00a0; il est pour Gina Pane un \u00e9cran de projection o\u00f9 s\u2019inscrivent des images personnelles et \u00e9trang\u00e8res, alors que pour Valie EXPORT il est le lieu de d\u00e9terminations culturelles, l\u2019endroit ou la loi de la soci\u00e9t\u00e9 est grav\u00e9e dans l\u2019individu\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb10\">10<\/a>], mais ce corps est aussi capable de se signaler au monde et de communiquer avec. Chacune de ces artistes travaillera cet \u00e9cran selon ses int\u00e9r\u00eats. Remarquons qu\u2019elles mettront toutes deux en sc\u00e8ne la douleur, les images de mutilation sans cependant travailler selon le m\u00eame registre que les actionnistes viennois et, pour cause, elles sont femmes. Avec <i>Instant Film<\/i> (1968) Valie EXPORT et Peter Weibel semble partager avec Fluxus attitude et proposition, ce film \u00e9voque aussi des propositions lettristes, qui seront plus tardives dans leur actualisation. Dans <i>Instant Film<\/i> c\u2019est le rectangle de plastique transparent qui tient lieu de film instantan\u00e9. \u00ab\u00a0<i>Instant Film est un m\u00e9ta film qui est le reflet du film et de la r\u00e9alit\u00e9. Apr\u00e8s le d\u00e9veloppement du caf\u00e9 instantan\u00e9 et du lait en poudre, nous avons finalement r\u00e9ussi \u00e0 produire le film instantan\u00e9, qui est \u00e9cran, projecteur et cam\u00e9ra d\u2019un coup. Leur assemblage d\u00e9pend du spectateur.<\/i>\u00a0\u00bb Ce film favorise la participation des spectateurs pour exister en tant que film alors que bien souvent les installations ne font pas appel \u00e0 la participation du spectateur, elle le laisse de c\u00f4t\u00e9. (il faudra attendre parfois le cin\u00e9ma num\u00e9rique qui demande une participation plus active des spectateurs comme c\u2019est le cas chez gremwrith dans sonata). Il existe cependant dans la production de Valie Export de nombreux projets interactifs d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre \u00e0 cet \u00e9gard <i>Ping Pong<\/i> (1968) est l\u2019un des meilleurs exemples de ces travaux alors <i>Tapp und Tastkino<\/i> (1968) illustrerait un autre versant de l\u2019interactivit\u00e9 et du d\u00e9placement des modalit\u00e9s de la r\u00e9ception d\u2019une performance qui serait un \u00e9largissement du cin\u00e9ma d\u2019o\u00f9 l\u2019Expanded Cinema. Avec <i>Ping Pong<\/i>, la question de la r\u00e9ception est envisag\u00e9e sous la forme du jeu. \u00c0 partir d\u2019une action qui recourt \u00e0 un acteur, une actrice en tant que substitue des spectateurs joue avec la projection de rond qui se d\u00e9place dans la profondeur de l\u2019\u00e9cran. Muni d\u2019une raquette et de balle le joueur, donc tente de viser ces cibles rondes qui apparaissent et disparaissent ind\u00e9pendamment de la r\u00e9action du performer. Si <i>Tapp und Tastkino<\/i> n\u00e9cessite un dispositif particulier c\u2019est qu\u2019il interroge le cin\u00e9ma selon des modalit\u00e9s distinctes et surtout qu\u2019il met en sc\u00e8ne le voyeurisme inh\u00e9rent \u00e0 la consommation cin\u00e9matographique. La pulsion scopique d\u00e9clenche des attitudes et des modalit\u00e9s d\u2019appr\u00e9hension qui ne font que souligner le pouvoir du regard de l\u2019homme vis-\u00e0-vis de la femme-objet, sujet de toutes ses convoitises, a tel point qu\u2019il en fixe les r\u00e8gles du regard et du dispositif m\u00eame. Avec <i>Tapp und Tastkino<\/i> l\u2019artiste inverse le processus de consommation du film dans la salle obscure. Le regard du voyeur n\u2019est plus prot\u00e9ge par l\u2019obscurit\u00e9, engag\u00e9 de mani\u00e8re anonyme \u00e0 satisfaire son plaisir falsifi\u00e9, ici, il se trouve engag\u00e9 \u00e0 prendre son plaisir pour de vrai, publiquement face au regard de l\u2019autre qui le toise, mais aussi du public qui le voit faire. Un dispositif d\u2019\u00e9change, de communication s\u2019actualise en direct. Arr\u00eatons nous un instant aux diff\u00e9rentes pr\u00e9sentations de Tapp und Tastkino qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s par EXPORT. Si la premi\u00e8re faisait appel \u00e0 un complice, un bateleur qui rabattait le client, en la personne de Peter Weibel, c\u2019est \u00e0 la deuxi\u00e8me pr\u00e9sentation de cette action que Valie EXPORT fit appel \u00e0 une femme comme rabatteuse. Ce qui d\u00e9clencha de plus amples r\u00e9actions, en majorit\u00e9 hostiles. \u00ab\u00a0<i>Cette action fut tr\u00e8s int\u00e9ressante parce que nous \u00e9tions deux femmes, les gens sont devenus tr\u00e8s agressifs. Ils croyaient que nous \u00e9tions des prostitu\u00e9s.<\/i>\u00a0\u00bb On pourrait les situer au m\u00eame \u00e9chelon que celles que <i>Aus de Mappe der Hundigkeit<\/i> d\u00e9clencha. Dans cette derni\u00e8re action, l\u2019inversion des r\u00f4les est plus accentu\u00e9e dans la mesure o\u00f9 Valie Export tient en laisse Peter Weibel. Avec <i>Tapp und Tastkino<\/i> Valie EXPORT reconna\u00eet qu\u2019elle tend \u00e0 vouloir modifier la conscience des gens en effet\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Dans cette action, dans le langage du film, j\u2019autorise mon corps \u00e9cran, ma poitrine \u00e0 \u00eatre touch\u00e9 par n\u2019importe qui,. Je brise les confins l\u00e9gitimes socialement de la communication sociale. Ma poitrine n\u2019\u00e9tait plus partie de la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle, cette derni\u00e8re faisant de la femme un objet. Ma poitrine n\u2019est plus la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un seul homme, au contraire, la femme tente, par la libre disponibilit\u00e9 de son corps, de d\u00e9terminer son identit\u00e9 ind\u00e9pendante, le premier pas qui va de l\u2019objet au sujet.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette action incarne pour Valie EXPORT \u00ab\u00a0<i>Les premiers pas d\u2019une femme d\u2019objet \u00e0 sujet. Elle montre librement ses seins et ne suit plus aucune prescription sociale. Le fait que tout se passe dans la rue et que le consommateur puisse \u00eatre n\u2019importe qui, homme ou femme, constitue une infraction r\u00e9v\u00e9latrice du tabou de l\u2019homosexualit\u00e9.<\/i>\u00a0\u00bb On retrouve un recours \u00e0 l\u2019homosexualit\u00e9 comme marqueur social dans Menschenfrauen (femme humaine) en 1979) ou les deux femmes enceintes Anna et Petra s\u2019embrassent dans un restaurant, provoquant un toll\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral. Avec Genitalpanik (1969) elle expose son sexe \u00e0 la vue des spectateurs d\u2019un cin\u00e9ma dans lequel elle est entr\u00e9e. Bard\u00e9 d\u2019une arme en bandouli\u00e8re les cheveux \u00e9bouriff\u00e9s on pense imm\u00e9diatement \u00e0 Angela Davis qui aurait d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019attaquer au macho de service, comme d\u00e9placement de revendication raciale. L\u2019inscription du politique dans ce travail est patente. Il s\u2019agit d\u2019une attitude f\u00e9ministe\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Avec Tapp und Tastkino, il y avait d\u00e9j\u00e0 cette confrontation avec l\u2019analyse de la f\u00e9minit\u00e9 et de l\u2019image de la femme, du regard sur la femme &#8211; telle que ce fut formul\u00e9 plus tard. Cette pr\u00e9occupation a d\u00e9but\u00e9 dans les ann\u00e9es 60, c\u2019est un th\u00e8me tr\u00e8s pr\u00e9sent et tr\u00e8s important.<\/i>\u00a0\u00bb Ce travail pr\u00e9figure les propositions des films courts des ann\u00e9es 70. Ces questions, quant \u00e0 l\u2019image de la femme, investissent le lieu dans lequel l\u2019artiste agit, \u00e0 partir desquels Valie EXPORT acte, selon quels types de relations, quelles r\u00e8gles et r\u00e9glementations sociales, pour reprendre ses termes. C\u2019est le corps de la femme, en la personne de Valie EXPORT qui est interrog\u00e9, au travers de mis en sc\u00e8ne qui vise \u00e0 faire entendre une voix\u00a0: sa voix\u00a0; la voix d\u2019une femme. Ainsi se comprennent les pi\u00e8ces tel <i>body and sign<\/i> (1970), qui perp\u00e9tuant les actions pr\u00e9c\u00e9dentes, en proposent une image fig\u00e9e dont le mouvement inscrit le travail de la pens\u00e9e. L\u2019\u00e9quivoque du signe tatou\u00e9 joue sur plusieurs registres, plusieurs plans comme le font aussi les dispositifs vid\u00e9os et les photographies qui disjoignent des couches successives de partie de corps. La photo, la performance, certaines photos et quelques films accentuent encore ces d\u00e9bo\u00eetements, qui nous fait passer du corps d\u2019une femme \u00e0 celui de Valie EXPORT au profit d\u2019une ext\u00e9riorisation d\u2019\u00e9tats mentaux, dont la trace se lit selon divers m\u00e9dia. Travail du transfert, on passe d\u2019une surface \u00e0 l\u2019autre, faisant remonter l\u2019encre pour se r\u00e9sorber ou s\u2019imprimer sur une surface sensible, peau, pellicule, papier. Le signe fait sens par son transport m\u00eame.<\/p>\n<p>La r\u00e9ception de ces travaux est plut\u00f4t bonne, leur impact est important plus important dans le champ des arts plastiques qu\u2019il n\u2019est dans le territoire du cin\u00e9ma exp\u00e9rimental\u00a0[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nb11\">11<\/a>]. En fait dans ce territoire en pleine effervescence la r\u00e9ception est double d\u2019un c\u00f4t\u00e9 bien accueillit de l\u2019autre la sp\u00e9cificit\u00e9 de ces actions, les postures qui les sous-tendent sont identifi\u00e9es comme prolongeant les actions Fluxus et ou celles des actionistes viennois. C\u2019est en tout cas dans ces termes dont en parle Birgit Hein. Cette cin\u00e9aste invite Valie Export et Peter Weibel \u00e0 participer \u00e0, un important festival qu\u2019elle organise avec Willem Hein au mois de mars de cette ann\u00e9e XSCREEN \u00e0 Cologne. \u00c0 la suite d\u2019une nouvelle invitation, la m\u00eame ann\u00e9e \u00e0 Munich, <i>Tapp und Tastkino<\/i> est montr\u00e9 sur l\u2019une des places de la ville. \u00c0 cette \u00e9poque, comme le reconna\u00eet Birgit Hein, le f\u00e9minisme ne la pr\u00e9occupait pas encore. \u00ab\u00a0<i>Pour moi c\u2019\u00e9tait le cin\u00e9ma structurel, Freud et Marx.<\/i>\u00a0\u00bb Valie EXPORT anticipe la r\u00e9flexion qui s\u2019engagera, quelques ann\u00e9es plus tard chez les f\u00e9ministes anglo-saxonnes. Son Expanded Cinema est en marge de celui des cin\u00e9astes du moment, plus pr\u00e9occup\u00e9 par les questions structurelles du dispositif, quant \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 du support que par des contenus qui interrogent autant le regard, que le regardant et investissent des champs forclos, pour ne pas dire prohib\u00e9s. En effet, l\u2019expanded cin\u00e9ma de l\u2019\u00e9poque produit avant tout aux Etats-Unis, relevait de l\u2019esth\u00e9tique l\u2019underground tel qu\u2019illustr\u00e9 par Andy Warhol avec le Plastic Inevitable, ou bien encore celle d Events dans le Moviedrome de Stan Vanderbeek., dans lesquels de v\u00e9ritables collages, assemblages audio visuels s\u2019\u00e9laboraient en direct. La plupart des travaux produits dans les ann\u00e9es 60 sont une manifestation de l\u2019\u00e8re psych\u00e9d\u00e9lique. Il faut attendre les ann\u00e9es 70 pour voir \u00e9clore une \u00e9cole qui travaille les processus et investit les relations entretenues par la projection dans l\u2019espace et qui est avant tout le fait du cin\u00e9ma mat\u00e9rialiste britannique, et de quelques figures importantes aux Etats-Unis, comme Paul Sharits, Michael Snow pour n\u2019en citer que deux. In\u00e9vitablement les actions d\u2019Expanded Cinema de Valie EXPORT tombe en porte-\u00e0-faux, elle manifeste d\u2019autres questionnement tout en privil\u00e9giant une esth\u00e9tique minimale\u00a0? Elles sont proche de celles du body art, mais s\u2019en distinguent par une affirmation proprement f\u00e9ministe. Valie EXPORT, s\u2019aventure ainsi dans UN territoire relativement intact, ou tout EST possible car, tout ou presque, EST \u00e0 faire. Il faut se rappeler que l\u2019article essentiel de Laura Mulvey\u00a0: <i>Visual Pleasure and Narrative Cinema<\/i> para\u00eet dans la revue Screen en 1974. Dans cet article Laura Mulvey questionne au moyen de l\u2019outil psychanalytique le travail patriarcal dans le cin\u00e9ma narratif, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment quant \u00e0 la repr\u00e9sentation des femmes pour le regard des hommes. Elle n\u2019est cependant pas la seule \u00e0 interroger et \u00e0 inscrire la sp\u00e9cificit\u00e9 d\u2019une parole, \u00e0 fa\u00e7onner une \u00e9criture f\u00e9ministe. Carolee Schneemann qu\u2019elle ne rencontre pas avant 70 \u00e0 Londres a d\u00e9j\u00e0 ouvert la voie, esquiss\u00e9 des chemins, en conflit avec les institutions. Ces actions autant que ses films explorent de mani\u00e8re explicite des repr\u00e9sentations sexuelles, cependant on peut dire que ces actions telles que\u00a0: <i>Meat Joy<\/i> (1964) ou <i>Snows<\/i> (1967) participent d\u2019un certain actionnisme pictural. <i>Meat Joy<\/i> est une performance qui illustre un rite sexuel, alors que <i>Snows<\/i> est une r\u00e9ponse violente quant \u00e0 la guerre du VietNam.<\/p>\n<p>Si l\u2019on doit comprendre le travail de Valie EXPORT comme un travail de r\u00e9sistance face \u00e0 l\u2019imagerie des femmes d\u00e9fendues par l\u2019actionnisme viennois, on ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019y retrouver une similarit\u00e9 avec les films de Carolee Schneemann et principalement avec Fuses qui s\u2019oppose \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique d\u2019un Stan Brakhage. Dans <i>Window Water Baby Movin<\/i>g (1959) il s\u2019approprie la naissance de son premier enfant, en confisquant l\u2019autorit\u00e9 de celle-ci par la production d\u2019une vision au travers de son regard, l\u2019acte de donner naissance se trouve magnifier par la capture et la projection qu\u2019en produit le cin\u00e9aste. V\u00e9n\u00e9r\u00e9e comme donnant la vie, Jane, la femme de Stan, n\u2019a pas cependant pas de voix puisque soumise au diktat de l\u2019autorit\u00e9 cr\u00e9atrice dans ce cas. Schneemann comme EXPORT ne travaillait pas un agenda, elle devait tout simplement bouleverser l\u2019art afin de faire r\u00e9sonner leurs voix de femmes. Ces travaux ne sont pas encore des travaux f\u00e9ministes, mais ils sont indispensables pour comprendre \u00e0 la fois les d\u00e9veloppements de la pens\u00e9e f\u00e9ministe autant que la production artistique qui s\u2019y rattache. Sestravauxontla particularit\u00e9 et c\u2019est en ce sens qu\u2019ils sont d\u2019une incroyable actualit\u00e9 de travailler autour de la repr\u00e9sentation du plaisir sexuel, comme c\u2019est le cas dans <i>Fuses<\/i> (1965) et <i>Plumb Line<\/i> (1970) pour Carolee Schneemann et dans <i>Menstruation<\/i> (1967) aujourd\u2019hui perdu et dans <i>Mann, Frau &amp; Animal<\/i> (1973) d\u2019EXPORT. L\u2019affirmation du plaisir au f\u00e9minin se r\u00e9v\u00e8le bousculer le bon go\u00fbt autant que les habitudes des hommes dans la mesure ou soudain de leur plaisir, il n\u2019est plus question. Ce qui parle, ce qui se montre \u00e0 l\u2019image, c\u2019est l\u2019autre, la grande absente. Celle, qui priv\u00e9e de parole autant que d\u2019image, la prend soudainement, cette parole, et ce n\u2019est pas pour dire la m\u00eame chose, ni montrer la m\u00eame chose. Un d\u00e9tail important sur la mat\u00e9rialit\u00e9 de ce film se d\u00e9voile \u00e0 travers les rayures et les textures aquatiques dont le support est marqu\u00e9. On peut y voir comme les manifestations de la manipulation soft et hard de la pellicule, de la peau du cin\u00e9ma, dans sa chair m\u00eame un peu comme un analogue avec les gestes d\u2019amour. De plus n\u2019oublions pas que les sc\u00e8nes de baises se d\u00e9roulent toujours en pr\u00e9sence d\u2019un chat dont on sait qu\u2019il peut \u00eatre parfois possessif, c\u00e2lin, et agressif. Cela marque. Cette parole est d\u2019embl\u00e9e politique. Avec <i>Mann, Frau &amp; Animal<\/i>, et <i>Remote Remote<\/i> tous deux de 1973, Valie EXPORT explore des registres plus personnels, et met en sc\u00e8ne la douleur, l\u2019auto mutilation, le plaisir. On retrouve dans ces mises en sc\u00e8ne, une fois encore, des similarit\u00e9s avec plusieurs actions de Gina Pane. Dans ces deux films Valie EXPORT ext\u00e9riorise des \u00e9tats mentaux. Dans un cas le plaisir, dans l\u2019autre la douleur. Dans <i>Mann, Frau &amp; Animal<\/i>, pour reprendre les termes de Juan Vicente Aliaga, Valie EXPORT explore le parcours allant du plaisir individuel, solitaire et autosuffisant d\u2019une femme \u00e0 une fin sanglante (viol symbolique\u00a0?) sur fond de grognements virils. L\u2019irruption du sang, la menstruation \u00e0 l\u2019image brise un tabou. Ce qui est ici percutant dans tous les sens du terme c\u2019est le fait de montrer faire voir \u00e0 la fois le plaisir, orgasme et menstruation. Cette rencontre \u00e0 l\u2019image pr\u00e9c\u00e8de d\u2019une bonne dizaine d\u2019ann\u00e9es les travaux de vid\u00e9astes canadiennes sur la sexualit\u00e9 des femmes et sur l\u2019\u00e9jaculation f\u00e9minine dans <i>Nice Girl Don\u2019t Do It<\/i> (1990) de Kathy Daymond ou <i>The Sluts and Goddess Video Workshop<\/i> (1992) de Maria Beatty et Annie Sprinkle. Une sc\u00e8ne de ce film \u00e9voque la sc\u00e8ne de la douche de Psycho celle du pommeau, vu dans dessous. Renversement total dans la mesure ou la femme n\u2019est plus un objet de d\u00e9sir qui ne peut s\u2019assumer que dans le meurtre alors que chez Valie Export, la femme n\u2019en a plus besoin, on ne l\u2019entend plus comme animal.<\/p>\n<p>Avec <i>Remote Remote<\/i>, ce n\u2019est pas tant le plaisir que la mutilation qui est expos\u00e9e, et plus exactement de l\u2019automutilation. L\u2019acte de se couper les peaux, c\u2019est-\u00e0-dire le soin esth\u00e9tique brut, la manucure appartient aux codes \u00e9l\u00e9mentaires de la repr\u00e9sentation f\u00e9minine. Dans Remote Remote, l\u2019acte est prolong\u00e9 dans la dur\u00e9e. Avec insistance on glisse du soin \u00e0 la maltraitance, on se blesse, on inflige aux doigts des traitements pour le moins saignants. On le fait au moyen d\u2019un cutter. C\u2019est plus tranchant. Non seulement \u00e7a coupe, mais on insiste. La r\u00e9p\u00e9tition de ces mutilations induit la perception d\u2019une douleur chez le spectateur, la spectatrice et qui sait pour les spectateurs hommes cette pratique inscrit la peur face \u00e0 la castration. Elle met \u00e0 mal l\u2019usage patriarcal du plaisir cin\u00e9matographique, en le d\u00e9naturant. La main est rinc\u00e9e dans un bol de lait qui inscrit l\u2019apaisement autant que la purification. La mixtion de ces \u00e9l\u00e9ments apparemment oppos\u00e9s se retrouve fr\u00e9quemment \u00e0 l\u2019\u0153uvre chez Valie EXPORT. Elle met \u00e0 mal le confort de la performance lorsqu\u2019elle quitte le champ pour nous nous laisser face \u00e0 l\u2019image deux enfants abus\u00e9s v\u00eatus de pyjama ray\u00e9 qui \u00e9voquent d\u2019autres souvenirs de la soci\u00e9t\u00e9 autrichienne contemporaine.<\/p>\n<p>Ces films proches des actions de l\u2019Expanded cin\u00e9ma s\u2019en \u00e9loignent cependant, par l\u2019utilisation partielle, en ce qui concerne <i>Mann, Frau &amp; Animal<\/i>, de techniques qui m\u00ealent diff\u00e9rents supports (photos, graphisme) dans le m\u00eame film, amor\u00e7ant \u00e0 la fois sur ce support un report de techniques pris\u00e9es dans les pi\u00e8ces photographiques. Alors qu\u2019une partie de son travail interroge la repr\u00e9sentation de la femme, Valie EXPORT d\u00e9ploie avec la vid\u00e9o des dispositifs qui font c\u00f4toyer simultan\u00e9ment plusieurs points de vue, qui peuvent s\u2019embo\u00eeter les uns dans les autres afin de produire un \u00e9v\u00e9nement sp\u00e9cifique. Ainsi <i>Split Reality<\/i> (1970-73), ou <i>Adjunct Dislocations<\/i> (1973) et son deuxi\u00e8me pendant (1973-78) qui \u00e9voquent un travail proche de Dan Graham et qui sera formidablement orchestr\u00e9 dans <i>Syntagma<\/i> avec un seul \u00e9cran. Les dispositifs \u00e0 deux cam\u00e9ras que met en place Valie EXPORT, partage avec ceux de dan Graham des similarit\u00e9s d\u2019attitudes et de questionnement quant \u00e0 la perception simultan\u00e9e d\u2019une action au moyen de deux points de vue. Ainsi <i>Roll<\/i> (1970) et <i>Helix\/Spiral<\/i> (1972) anticipe et rappelle les dispositifs de prise simultan\u00e9e de Valie EXPORT. Dans ce couplage, d\u2019un tournage simultan\u00e9 et de sa restitution synchrone est envisag\u00e9e la question du hors champ, autant que l\u2019annexion du champ contre champ simultan\u00e9. Il n\u2019y a plus d\u2019\u00e9carts, on est \u00e0 la fois dehors et dedans. L\u2019un et l\u2019autre, les deux \u00e0 la fois. Ce travail sur la question de la simultan\u00e9it\u00e9 des points de vue se comprend par rapport \u00e0 la situation du cin\u00e9ma exp\u00e9rimental autrichien de l\u2019\u00e9poque. Comment pouvait-on encore r\u00e9aliser des films apr\u00e8s le cin\u00e9ma m\u00e9trique de Kubelka\u00a0? Comment travailler ce support sans tomber dans la redite et sans se cantonner aux filmages d\u2019actions\u00a0? Comment ouvrir le cin\u00e9ma vers d\u2019autres horizons\u00a0? C\u2019est ainsi qu\u2019il faut comprendre cette interrogation autour de la simultan\u00e9it\u00e9 et dont la premi\u00e8re trace se trouve dans le film d\u2019Hans Scheugl\u00a0: <i>Hernals<\/i> (1967), dans lequel \u00ab\u00a0<i>des proc\u00e9d\u00e9s documentaires et pseudo documentaires ont \u00e9t\u00e9 simultan\u00e9ment utilis\u00e9s par deux cam\u00e9ras situ\u00e9es \u00e0 des angles diff\u00e9rents. Chaque phase de mouvement a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9e. Pendant le montage, chacune de ces phases a \u00e9t\u00e9 doubl\u00e9e. Les techniques utilis\u00e9es pour cela varient. Le son a lui aussi \u00e9t\u00e9 doubl\u00e9 et, l\u00e0, encore, en utilisant diverses techniques. Deux r\u00e9alit\u00e9s diff\u00e9remment per\u00e7ues en raison des conditions de tournage ont \u00e9t\u00e9 mont\u00e9es en une r\u00e9alit\u00e9 synth\u00e9tique dans laquelle tout se r\u00e9p\u00e8te. Ce doublement d\u00e9truit le postulat de l\u2019identit\u00e9 de la copie et de l\u2019image. Perte d\u2019identit\u00e9, perte de r\u00e9alit\u00e9 (schizophr\u00e9nie).<\/i>\u00a0\u00bb On retrouve des pr\u00e9occupations similaires dans <i>Interrupted Line<\/i> (1971) en 16mm et <i>Interrupted Mouvement<\/i> (1973) en vid\u00e9o. Le c\u00f4toiement de deux temps, et les raccords, quasiment compression de deux espaces dans un trouve sa r\u00e9alisation dans les assemblages photographiques qui joue les corps dans l\u2019espace, pliant pour ainsi dire le corps \u00e0 l\u2019espace et dont quelques s\u00e9quences de <i>Syntagma<\/i>, et d\u2019<i>Invisible Adversaries<\/i> (1976) sont parmi les plus percutantes illustrations. La sc\u00e8ne de l\u2019escalier dans Syntagma, et la sc\u00e8ne de sommeil dans le premier long m\u00e9trage qui juxtapose la projection d\u2019un lit en noir et blanc au-dessus du lit en couleur dans lequel Anna dort et r\u00eave. Cette juxtaposition de plans similaires amis distincts ne serait ce que par leur rendu couleur\/ nb se retrouve dans fr\u00e9quemment dans les travaux photos de Valie EXPORT. C\u2019est d\u2019ailleurs \u00e0 cette \u00e9poque que Valie EXPORT produit une s\u00e9rie que l\u2019on retrouve dans <i>Invisible Adversaries<\/i> dans lequel l\u2019artiste prend la pose d\u2019une des femmes dune peinture classique. Avec <i>Erwartung<\/i> vierge \u00e0 l\u2019aspirateur, ainsi qu\u2019avec la vierge \u00e0 la machine \u00e0 laver de 1976, on retrouve une des constantes du travail de Valie EXPORT, qui consiste \u00e0 questionner la repr\u00e9sentation des femmes dans l\u2019histoire, et au pr\u00e9sent. D\u00e9placer le regard afin de le localiser vis-\u00e0-vis de la question du genre\u00a0; mais n\u2019\u00e9tait-ce pas ce qui s\u2019annon\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 avec <i>Identit\u00e9 transfert<\/i> de 1968. Avec <i>Invisible Adversaries<\/i>, Valie EXPORT, travaille la narration. L\u2019ouverture et la cl\u00f4ture du film \u00e9voquent le dernier plan de <i>Profession Reporter<\/i> d\u2019Antonioni, dans lequel une cam\u00e9ra sort d\u2019une pi\u00e8ce pour parcourir une ville. Elle n\u2019est pas la premi\u00e8re \u00e0 se lancer dans pareille aventure. C\u2019est tr\u00e8s certainement Yvonne Rainer qui impulse cette tournure dans le champ le champ du cin\u00e9ma exp\u00e9rimental. Avec <i>Lives of Performer<\/i> de 1972, Yvonne Rainer quitte le champ chor\u00e9graphique en renfor\u00e7ant l\u2019usage d\u2019\u00e9l\u00e9ments narratifs. Mais tout cela est fait de mani\u00e8re distanci\u00e9e. On retrouve des strat\u00e9gies similaires chez Valie EXPORT en regard de la non-adh\u00e9rence d\u2019un personnage \u00e0 son r\u00f4le, ou par le jeu subtil de r\u00e9p\u00e9titions d\u00e9cal\u00e9es comme dans la sc\u00e8ne du caf\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, ou lors d\u2019un dialogue organis\u00e9 par des moniteurs vid\u00e9os. Cet agencement de plans, qui anticipe, freine et relance le r\u00e9cit conf\u00e8rent \u00e0 ces films leur mati\u00e8re d\u2019assemblage, constitu\u00e9s de moments plus ou moins narratifs, d\u00e9placent l\u2019exp\u00e9rience du film du r\u00e9cit \u00e0 la trame m\u00eame le constituant en m\u00ealant des \u00e9l\u00e9ments de diff\u00e9rentes provenances. Des \u00e9l\u00e9ments autobiographiques c\u00f4toieront des r\u00e9p\u00e9titions et des pi\u00e8ces de danse chez Yvonne Rainer, alors que Valie Export incorporera ou recr\u00e9e des pi\u00e8ces photographiques qu\u2019elle met en situation. Pour les deux artistes et \u00e0 des degr\u00e9 divers, avec ce travail cin\u00e9matographique, il s\u2019agissait d\u2019aller au-del\u00e0 du film structurel qui s\u2019\u00e9puisait, allant tout droit dans un mur, alors que des indices laissaient apercevoir des alternatives \u00e0 ce cin\u00e9ma. Valie Export il s\u2019agissait avant tout d\u2019introduire des formes et des contenus de l\u2019avant-garde au c\u0153ur des longs -m\u00e9trages. \u00ab\u00a0<i>J\u2019essayais d\u2019introduire au sein des films conventionnels des discours alternatifs d\u2019un artiste des media.\u00a0\u00bb Je souhaitais trouver un moyen de cr\u00e9er une polyphonie \u00e0 l\u2019aide de m\u00e9taphores visuelles pour illustrer les diff\u00e9rents processus psychiques personnels.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>Anna ne refl\u00e8te pas seulement la rigidit\u00e9 de la mentalit\u00e9 bourgeoise, elle s\u2019y confronte par son comportement. J\u2019ai utilis\u00e9 Anna afin d\u2019adresser une critique de la soci\u00e9t\u00e9 viennoise, autrichienne, et plus particuli\u00e8rement sa culture politique.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh1\">1<\/a>] Interview publi\u00e9e (c\u2019est nous qui traduisons) dans l\u2019ouvrage de Roswitha Mueller <i>Valie Export Fragmens of the Imagination<\/i> Indiana University Press, Bloomington and Indianapolis 1994<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh2\">2<\/a>] Il ne s\u2019agit pas d\u2019une liste car il aurait fallu ajouter beaucoup d\u2019autres cin\u00e9astes\u00a0; il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019indiquer par ces deux figures la singularit\u00e9 des approches.<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh3\">3<\/a>] Sur Peter Kubelka, voir Christian Lebrat <i>Peter Kubelka<\/i> ed Paris Exp\u00e9rimental, Paris 1990 et <i>Peter Kubelka<\/i>, par Gabriele Jutz et Peter Tscherassky, PVS Verleger, Wien 1995<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh4\">4<\/a>] On pense \u00e0 l\u2019article Malcolm LeGrice, in Studio International, Londres nov\/dec 1975 et aussi <i>Ex Underground Kurt Kren seine filme<\/i> ed Hans Scheugl PVS Verleger Wien 1996<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh5\">5<\/a>] Sur le Wiener Grupp voir <i>Die wiener gruppe A Moment of Modernity 1954-1960<\/i>, ed Peter Weibel, SpringerWienNewYork BV 1997<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh6\">6<\/a>] Voir Alan Kaprow <i>L\u2019art et la vie confondus<\/i>, Suppl\u00e9mentaires ed centre Georges Pompidou, Paris 1996<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh7\">7<\/a>] Sur l\u2019actionnisme viennois <i>Von der Aktionmalerei zum Aktionismus 1960-65<\/i> Ritter Verlag, 1988 et Wiener Aktionismus 1960-1971, Ritter Verlag, 1989<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh8\">8<\/a>] Sur ce cin\u00e9aste voir <i>Ernst SchmidtJr drehen sie Filme, Aber keine Filme, Filme und Filmtheorie 1964-87<\/i>, Linden Bilda, Triton, Wien 2001<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh9\">9<\/a>] Valie Export in RS p 219\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh10\">10<\/a>] On pense imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019acquisition de la m\u00e9moire d\u00e9crite par Nietzsche dans la G\u00e9n\u00e9alogie de la M\u00e9moire, mais aussi bien \u00e0 la Colonie p\u00e9nitentiaire de Frantz Kafka.<\/p>\n<p>[<a href=\"http:\/\/yannbeauvais.fr\/ecrire\/articles.php3?id_article=497#nh11\">11<\/a>] C\u2019est en 1968, que Valie EXPORT, co-fonde avec Kurt Kren, Hans Scheugl, Ernst Schmidt Jr, Gottfried Schlemmer et Peter Weibel l\u2019Austria Filmmakers Cooperative.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tatu\u00ed 13, Recife 2012 O Expanded Cinema de VALIE EXPORT Uma resposta ao esgotamento do cinema estrutural Considerar o cinema como uma pr\u00e1tica art\u00edstica emancipada de todo controle, afirm\u00e1-lo desdobrando as particularidades que o meio esconde, compreender e esclarecer a singularidade de atuar que ele permite, examinar as modalidades de fabrica\u00e7\u00e3o, apresenta\u00e7\u00e3o e distribui\u00e7\u00e3o dos 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